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Comment lutter contre les stéréotypes et préjugés - EPS & Société

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Comment lutter contre les stéréotypes et préjugés

Pascal Anger - septembre 2012

Les pratiques sportives génèrent-elle de l’entre soi tant sur le plan ethnique, religieux, territorial, social, des sexes et des orientations sexuelles ? Telle était la thématique générale de cet atelier et qui fut introduite par le Paris Football Gay (PFG) menant campagne contre l’homophobie, les stéréotypes et les préjugés sexuels dans le sport et plus particulièrement dans le football.

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Les responsables du PFG ont mis en avant, selon une étude de 2011 de A. Mettes (Direction Régionale Jeunesse, Sport et Cohésion Sociale, Aquitaine), que les sportifs professionnels sont à plus de 50 % ouvertement homophobes, soit un taux près de trois fois plus élevé que celui de la population française dans son ensemble. Et plus les professionnels sont de haut niveau, plus ils pratiquent des sports collectifs, plus l’homophobie observée est forte. Une autre enquête menée en STAPS montrait que les violences sexuelles étaient plus fortes que dans les autres UFR à l’encontre des jeunes femmes.
Les éducateurs sportifs rencontrés lors d’actions de sensibilisation sont particulièrement alertés sur cette question : ils reconnaissent être confrontés de manière constante à des actes, propos ou situations discriminatoires dans le cadre de leur activité. S’ils ont, comme tout le monde, entendu
parler des « valeurs éducatives du sport » en termes de lutte contre les discriminations, ils regrettent, en revanche, de n’avoir jamais reçu aucune formation sur ces questions. L’essentiel des formations initiales se centre sur des questions de techniques sportives, et la recherche de la performance. De plus, certains reconnaissent véhiculer, consciemment ou non des préjugés, sans savoir les reconnaître ni comprendre l’impact qu’ils peuvent avoir. Qui n’a pas entendu dans les vestiaires notamment en sport collectif, « on n’est pas des gonzesses, on n’est pas des pédés, on va leur montrer qu’on a des couilles… à ces enculés ». Ces propos sont aussi tenus dans les vestiaires des sportives… Ces exemples sont inépuisables.

Alors comment les pratiques sportives peuvent-elles devenir un terrain privilégié de la lutte contre les préjugés, les stéréotypes et les valeurs dominantes de types sexistes et machistes, et non l’inverse ?

Déconstruire et reconstruire les modalités dominantes des pratiques

La question du rapport au corps, au sexe et donc en arrière plan à la question des rapports sexuels et donc de l’orientation sexuelles est posée dans les pratiques physiques et sportives.

Qu’elles soient à dominante de confrontation ou d’entraide, elles doivent être détachées des orientations sexuelles des personnes et du jugement qui relève de la sphère privée.

Les exemples du maillot de bain (string) en beach volley, de la jupe au badminton, du tee shirt blanc obligatoire au judo pour les filles (alors que torse nu pour les garçons) avec son pendant religieux qui fera autoriser le retour au short en beach et le voile en football, ont été abordées…

Les participants ont interrogé aussi les modalités des pratiques qui font la part belle à la valorisation du résultat et du gagnant qui s’acquièreraient forcément en voulant « tuer ou haïr l’adversaire », « la culture de la gagne », ou qui transforment la compétition en moyen de « dominer l’autre » avec des perversités narcissiques, ou qui sacralisent la valeur de la virilité ou de la force associée au mâle dominant. Le développement des pratiques mixtes semblent une piste intéressante, à condition que soient interrogées les règles, les modalités de rencontres, sinon nous aboutirions à une mixité dans laquelle personne ne se retrouverait.

D’une manière générale, le travail sur les enjeux, les règles, les codes, sont à mener si l’on veut sortir du discours pour amener d’autres comportements et lutter efficacement contre l’homophobie et les préjugés machistes et sexistes.

La question de la formation

La question de la formation des enseignants, éducateurs, intervenants dans le milieu du sport est déterminante. L’épistémologie de la construction de ces normes est à étudier. Chacun en formation doit être amené à ré-interroger la construction de ses valeurs et normes ainsi que ses propres attitudes et comportements dans le cadre d’une société.

Enfin le travail sur la formation ne peut être dissocié des modalités de la pratique sportive, ni du contexte des valeurs dominantes de la société capitaliste où tout se marchandise où tout devient un objet, dont le corps, en particulier celui de la femme.

Ce texte est paru dans Contrepied HS n°4 - sept 2012 - Sport demain, enjeu citoyen

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Sport et cohésion sociale

Yvon Léziart - septembre 2012

Cohésion, inclusion, intégration… les mots et les politiques qui se cachent derrière eux se valent-ils ? Quand on sait que le terme cohésion signifie « unité et harmonie » on se prend à douter que rapportée au social, il ait socialement un sens… Le social étant par excellence le champ de la diversité, des contradictions, des tensions, sociales, justement. Qu’est-ce donc que la cohésion sociale par le sport ? Au-delà de cette question difficile mais déterminante, un constat s’impose : les structures traditionnelles du sport peinent à rassembler les populations. Et ce n’est pas pour autant que les nouveaux modes d’organisation des sports répondent aux attentes nouvelles des pratiquants et encore moins aux besoins de ceux qui n’accèdent pas au « sport ».
Jean-Philippe Acensi (agence éducation par le sport), William Gasparini (Staps Strasbourg), Thierry Long (Staps Nice) ont donc débattu du sport et du social lors d’une table ronde. Yvon Léziart en rend compte ici.

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