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Construire la passion d’une vie sportive et artistique en EPS - EPS & Société

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Controverse

Construire la passion d’une vie sportive et artistique en EPS

Didier Delignières, professeur des universités. Montpellier. Président de la conférence des directeurs d'UFRSTAPS - 29 septembre 2016

Cet entretien réalisé par Alain Becker est paru intégralement dans Contre Pied HS N°16 - "L’EPS est santé"
L’entretien démarrait autour de cette question : "Débattre du rapport EPS/santé et faire des propositions pour l’EPS met toujours en jeu une certaine représentation de la santé, de l’EPS aussi sans doute.Celles-ci restent dans la plupart des cas implicites, rarement exposées. Vers quel type de pratiques souhaiterais -tu entraîner l’EPS"

Tu viens d’évoquer le terme « passion », comme ce mot résonne aujourd’hui dans la profession, peux-tu en dire un peu plus ?

Oui je viens de m’exprimer publiquement sur le sujet et finalement l’on ne change pas de débat.

Pour faire avancer la réflexion on a toujours besoin d’idées chocs, de concepts qui perturbent la pensée convenue. Tu sais, je ne suis pas un politique, on me dit même provocateur... Quand j’ai mis en avant l’idée de plaisir en EPS, je n’imaginais pas le trajet de cette proposition. Et quand je vois ce qu’elle est devenue, récupérée, « mal traitée », instrumentée par beaucoup, je m’interroge sur sa pertinence et son devenir.
Certes la notion était polysémique mais quand même, je crois qu’à l’époque j’ai commis une erreur en ouvrant cette boite de pandore. La question de la passion en éducation nous vient des canadiens, elle a ses référents théoriques ((voir notamment Brunelle & Brunelle, 2012). ). Elle peut à mon sens devenir un axe de réflexion sur le devenir de l’EPS, sur son rapport à la santé et permettre par exemple d’avoir une approche « totale » de la santé.

L’EPS n’est pas là pour installer la santé, elle est là pour construire « ici et maintenant » les conditions « expérientielles » d’une vie en bonne santé. Construire la passion d’une vie sportive et artistique en EPS, cette expérience là me semble devoir être l’objectif prioritaire de l’Ecole d’aujourd’hui. Et cela concerne toutes les disciplines.

L’EPS n’est pas là pour installer la santé, elle est là pour construire « ici et maintenant » les conditions « expérientielles » d’une vie en bonne santé.

Il s’agit, en faisant attention à ce que l’on fait, de mêler la passion des professeurs pour ce qu’ils enseignent à celle à venir des élèves pour ce qu’ils.elles apprennent .
C’est dans cette perspective que l’idée de programmes exhaustifs, disant tout, précisant tout hors des réalités humaines matérielles des établissements, des conditions concrètes de l’exercice de l’EPS, ne me parait pas tenable.
La passion ne pouvant s’exprimer que dans l’exercice singulier d’une EPS singulière. C’est ce qui m’a fait spontanément voir dans les nouveaux programmes la réduction du carcan pédagogique qui pèse sur nos collègues.

Bien-sûr un cadre national doit être préservé, je plaide pour un retour à des IO. La passion en EPS a besoin de liberté pédagogique, je ne supporte plus de voir la discipline EPS réduite à des « niveaux », des « finalités », des « ressources », des « pourcentages », de voir les programmes devenir l’alpha et l’oméga des savoirs, de la culture professionnels.
Bref je veux pouvoir la redécouvrir passionnante pour nos élèves. Comme je voudrais pouvoir résister et faire que mes étudiants, souvent naïfs, peu armés idéologiquement, résistent au corpus programmatique, aussi à cette sorte d’approche « sociologisante » de nos contenus qui fait des modes corporels trop souvent surdéterminés des contenus légitimes pour l’Ecole.

... Je parle et je m’entends, cela me fait sourire, dans mon autre métier et comme président de la conférence nationale des UFRSTAPS, je me bats pour un cadre national fort pour un certain jacobinisme... Alors disons que sans rien abandonner, ni regretter, tout devrait pouvoir être mis en discussion, débattu passionnément...

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Avec les autres et comme les autres ?

Jean-Pierre Garel - 28 avril 2015

Aux directives d’accueillir l’élève en situation de handicap à l’école ordinaire, selon le principe du mouvement inclusif, certains répliquent qu’érigée en dogme l’inclusion scolaire est un leurre, « un mensonge » [1] même. Les arguments avancés concernent surtout les moyens, jugés insuffisants, et le traitement des différences, que l’on banaliserait. C’est sur ce dernier point que J.-P. Garel s’interroge, concernant l’EPS : quelle est la pertinence des adaptations privilégiées par les enseignants pour prendre en compte les différences liées au handicap ?

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