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Course longue au cycle 3 : courir 12 minutes pour un marathon (...) - EPS & Société

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Des pratiques

Course longue au cycle 3 : courir 12 minutes pour un marathon collectif

Philippe Delamarre - 5 février 2018

Courir est devenu une activité très populaire (footing, « course du cœur », « enduro des sables », semi-marathon, etc.), qui symbolise des notions d’effort, de dépassement de soi, de santé. Les enfants de 6 à 12 ans, filles ou garçons, ont des potentialités énormes, en général sous-sollicitées.

L’objectif de ce module de 12 séances est de leur apprendre à courir longtemps (12 minutes) sans s’arrêter et augmenter progressivement la distance parcourue.

Pour bien courir, il faut résoudre des problèmes : pouvoir tenir un effort maximum longtemps (ce qui suppose de ne pas être « à fond » et de connaitre son allure (mettre en relation la distance et le temps parcouru (chronométré), prendre des informations sur soi (essoufflement, relâchement/tensions, légèreté/lourdeur, etc.), et aussi sur les autres quand on court en groupe (les autres peuvent nous aider ou au contraire perturber notre allure).

Tout au long du module, l’élève va apprendre à courir et à s’entraîner (s’engager, se poser des questions, observer, conseiller un.e camarade..).

Projet de la classe : un marathon collectif

Tous les élèves n’arrivent pas à l’école avec le même vécu. Les écarts peuvent être grands entre les sportifs et sportives et les autres. L’enjeu est de ne stigmatiser personne, de favoriser l’émulation et la coopération. Trop souvent les courses proposées aux enfants sont des courses « de régularité » qui perdent rapidement du sens. Certes pour courir, il faut trouver son allure, mais l’objectif étant de faire une performance à une échéance donnée, la régularité n’est qu’un moyen. Le but, c’est de faire la meilleure performance pour soi et pour la classe.

Ce module d’apprentissage (12 séances) est finalisé par un marathon collectif. (rencontre avec d’autres classes)

Les distances parcourues par chaque élève sont additionnées pour chaque classe (environ 50 km !). Il n’y a pas de classement individuel.

L’élève court 12 minutes. Il réussit s’il court le temps prévu et s’il égale la distance minimale qu’il a annoncée avant la course. Cette distance –proche de son record - a déjà été réalisée en classe, il s’agit donc de stabiliser sa performance. L’élève a évidemment le droit de battre ce record !

Les élèves travaillent en binôme : athlète / partenaire (qui observe ou conseille). Pendant la course, les élèves peuvent courir en peloton (groupe de vitesses comparables). Apprendre à « mener » le peloton peut être intéressant. C’est une responsabilité révélatrice de compétences de course, qui permet la coopération et l’entraide dans le groupe.

Dispositif

Un chronomètre pour deux, un circuit de 200m avec des plots, stable pendant tout le module pour que les élèves suivent l’évolution de leurs performances selon des critères objectifs.

Deux étapes :

  • Etape 1 - courir longtemps sans s’arrêter et augmenter progressivement la distance parcourue
  • Etape 2 - réguler sa course de plus en plus finement pour améliorer sa performance

Echauffement : En début de séance, un léger échauffement (5/6 minutes) permet une mise à disposition corporelle. Exemple : exercices de faible intensité en variant les façons de courir, étirements...

Etape 1

  • 1. « Je suis capable de courir longtemps sans m’arrêter » (12 min). Une fiche est utilisée plusieurs séances. L’élève compte son nombre de tours et d’arrêts
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Autoriser un élève à marcher ou s’arrêter est nécessaire, mais cet arrêt est réglementé (pour finir un tour par exemple). Compter les arrêts permet de voir ses progrès au fil des séances.

Dans le cas d’une course en peloton, l’élève cherche à ne pas décrocher du groupe, cela lui permet de tenir plus longtemps. S’il s’arrête, il marche jusqu’à ce que son peloton repasse. Il a le plaisir à le réintégrer pour la suite de la course.

A l’issue de ces séances, la plupart des élèves ne s’arrêtent plus (sauf problème médical, type asthme, auquel cas, adapter les exigences). Ils/elles font des constats (je pars trop vite/doucement, je suis essoufflé très vite/ seulement à la fin, je peux /je ne peux pas parler en courant, je récupère vite/pas vite…) et réajustent leur course en fonction de ceux-ci.

  • 2. "Je sais courir longtemps et augmenter progressivement la distance parcourue" Une fois que les élèves ne s’arrêtent plus (ou rarement), le but est d’augmenter la distance parcourue en trouvant sa « bonne » allure de course. Courir en peloton peut aider l’élève trouver cette allure.

Une fiche individuelle permet de centrer l’élève sur son temps de passage à chaque tour e ainsi de l’objectiver.

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A l’issue de la séance, l ’élève utilise un tableau pour repérer sont temps de base sur 100m (« combien de secondes, je mets en moyenne pour parcourir 100mètres »), qui devient un repère objectif pour les séances à venir.

Exemple : Fanny a couru 12 minutes. Elle a parcouru 2100m.

Elle cherche dans la colonne « 12 mn » la distance la plus proche de 2100m.

  • Elle trouve 2120m, elle suit cette ligne jusqu’à la colonne « Temps de base », elle trouve 34 s.
  • Fanny fait 100m en 34s (son temps de base est de 34s au 100m). Elle court à 10,6 km/h. Tableau course longue/temps de base

8mn

10 mn

12mn

Temps de base au 100 m

Vitesse en km / h

1500 m 1875 m 2250 m 32 s 11,2
1455m 1820 m 2180 m 33 s 10,9
1410m 1765 m 2120 m 34 s 10,6
1370m 1715 m 2055 m 35 s 10,3
1335m 1665 m 2000 m 36 s 10,0

Au départ, la régularité n’a pas de sens pour les enfants. Ce temps de base leur permet d’identifier des courses en dents de scies, d’ajuster leur course au fur et à mesure et d’améliorer leur temps de base.

Dans le cas d’une course en peloton, l’élève qui mène la course doit apprendre à réguler sa vitesse pour le groupe. Sur une course de 12 minutes, il peut y avoir (par exemple) 3 « leaders » successifs. Au départ, le changement de leader se fait devant l’enseignant.e qui pourra observer et donner des conseils. En effet, au début, quand les élèves prennent la tête de course, ils accélèrent, et ont du mal à retrouver leur bonne allure. Les autres doivent l’aider et ne pas se laisser embarquer à un rythme trop soutenu. Chaque élève est amené à jouer ce rôle au sein du peloton.

Etape 2 : Réguler sa course de plus en plus finement, améliorer sa performance

Suivant la configuration de la classe, voici deux entrées possibles :

  • Augmenter sa vitesse en peloton

Le défi pour les élèves est le suivant : « Et si on essayait ensemble d’aller un peu plus vite pour améliorer notre distance totale, mais en fractionnant le temps de course ? »

Pour l’élève, il s’agit de comprendre qu’en courant 12 minutes, de manière discontinue, on peut augmenter son allure et, au final, améliorer significativement sa performance.

Par exemple : 4 fois 3 minutes, avec récupération entre chaque course (30 sec/1min). En principe, sur 3 minutes, l’élève doit pouvoir aller plus vite, mais doit tout de même tenir 4 fois ! S’il part à l’allure habituelle (étape1), il n’augmentera pas sa distance.

Grâce au peloton, les élèves vont expérimenter plusieurs allures. A chaque fois, ils notent la distance parcourue. Objectif : dépasser la distance de l’étape 1.

On peut ensuite expérimenter : 6 fois 2 minutes avec 30 secondes de récupération entre chaque course (on peut aller encore plus vite…mais attention, il faut tenir 6 fois !).

On peut également augmenter la difficulté e donnant des défis de distance. Par exemple : 2 fois 6 minutes avec une distance au moins égale sur la 2è course, ce qui oblige l’élève à réguler sa première course.

La référence de temps est stable, c’est la distance qui permet de voir les progrès.

Avec ces différents défis, les élèves construisent la notion d’allure et sont en capacité de l’ajuster en fonction du défi donné.

  • Affiner ses repères (coureur/observateur) Pour affiner la gestion de sa course, l’élève est amené à construire un « profil de course ». Pour cela, il s’agira de comparer deux courses de 1000 mètres, assez rapprochés dans le temps. (cette distance de 2000m correspond environ aux 12 minutes de course et permet aux élèves de bien mettre en relation la distance et le temps)

Le/la partenaire suit le coureur des yeux, écoute le temps de passage annoncé au 1er tour, entoure le temps annoncé dans la ligne correspondante, et ceci pour tous les tours jusqu’à l’arrivée. Cette aide précieuse permet à l’athlète de visualiser immédiatement après la course son « profil de course » (ses temps de base au 100m). S’il/elle court régulièrement, ses temps de passage vont être inscrits dans 3 colonnes maximum. Si son profil de course « couvre » 4, 5 colonnes ou plus, c’est qu’il/elle ne régule pas bien son effort.

Grâce aux questions de l’enseignant.e, l’élève modifie son allure lors du 2è 1000m.

Le/la partenaire entoure d’une manière différente les temps de passage au 1er 1000m et au second 1000m. Ex : Fanny fait 34s temps de base (séance 6 et 7)

Ici, Fanny, lors du 1er 1000m, est partie beaucoup trop vite (premier 200m), sa course s’est régulée ensuite. Au second 1000m, elle part plus prudemment. A l’issue de la course, elle peut mettre en relation ses sensations, son profil de course, comparer ses temps de base d’une séance à l’autre.

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Suite du travail : L’élève peut maintenant travailler à une allure plus rapide (temps de base -1) sur des distances plus courtes. S’il/elle se sent à l’aise, l’athlète peut tester ce nouveau temps de base 2 x 1000m, ou tester un nouveau temps de base -2, etc.

La rencontre est très attendue. Chaque élève choisit la distance qu’il/elle pense faire pour le marathon collectif.

Quelques repères de performance à l’issue du module :

Il y a de gros écarts entre les élèves sportifs-ves et les autres.

Exemple d’une classe de CM2 (milieu rurale) :

  • 4 élèves sont entre 11 et 14km/h (3 garçons footballeurs + 1 fille) ;
  • 11 élèves sont entre 10 et 11km/h (5 garçons- 7 filles) ;
  • 3 élèves sont entre 8 et 10km/h (2 filles et 1 garçon) Les filles (statistiquement moins sportives) ont gagné de 3 à 9 secondes sur le temps de base, les garçons 2 à 6 secondes).

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