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Des savoir-faire techniques pour les filles : un enjeu pour l’EPS - EPS & Société

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Des savoir-faire techniques pour les filles : un enjeu pour l’EPS

Pascale Jeannin - 25 septembre 2017

Pour Pascale Jeannin, professeure UFR-STAPS Bobigny, augmenter le niveau culturel des élèves dans les APSA est une gageure, aussi, leur permettre de comprendre ce qu’exige la situation en termes de savoir-faire technique – issus du handball de haut niveau – pour en atteindre le but, est un enjeu capital.

Souvent, dans les APSA où l’incertitude est présente, et les habiletés majoritairement ouvertes, ce qui est le cas du handball, il est demandé aux élèves de trouver les solutions dans les situations proposées.

Les filles, comparativement aux garçons souffrent d’un déficit culturel dans certaines APSA, notamment d’opposition, le handball en fait parti.
Cette pédagogie de la découverte, mise en place par l’intermédiaire des Situations à Résolution de Problème (SRP) semble handicaper davantage les filles, dans la compréhension de ce qu’il y a à apprendre lorsqu’elle n’est pas menée à son terme.

À l’instar de C. Vigneron (2004) les Critères de Réalisation (C.R.) ou les Règles d’Action (R.A.) finissent rarement par être accessibles aux élèves à l’issue de la situation. Seuls les élèves ayant un vécu extra EPS, majoritairement les garçons, vont pouvoir répondre aux attentes.
Ces savoirs doivent être le cœur de ce qu’il y a à s’approprier dans les situations et doivent être identifiés par l’élève et l’enseignant, ce qui est rarement le cas. Ceci a pour conséquence de pénaliser les élèves, particulièrement les filles, dans l’atteinte de la réussite.

Les RA comme les CR, sont les modalités d’exécution permettant aux élèves d’atteindre le but d’une situation (Jeannin, Mathias 2007).
Il existe une différence importante entre ces deux notions, la prise de conscience de l’action efficace ressentie au cours de l’expérience motrice, devient alors une règle de l’action (Vergnaud, Halbwachs, Rouchier 1978). Grehaigne, Billard, Guillon, Roche (1989) définissent les règles d’actions en EPS comme les « conditions à respecter et les éléments à prendre en compte pour que l’action soit efficace ».
Ils précisent que les RA sont conscientes, elles participent à la compréhension.

Qu’attendons-nous pour permettre aux filles, de prendre conscience de ce qu’il faut faire pour réussir, et d’accéder à ces savoir-faire du handball de haut niveau ?

Redonnons aux RA une place de choix en suivant 4 étapes :
- l’élève essaye de dépasser l’obstacle proposé dans la SRP,
- il verbalise les solutions trouvées et prend conscience de ce qu’il y a à faire (CR),
- nouvelle confrontation à l’obstacle pour essayer les solutions identifiées par le groupe
- la prise de conscience de l’action efficace ressentie au cours de la situation devient une RA.

Le temps d’expérimentation et de compréhension du problème à résoudre par l’élève est déterminant dans la construction de ces savoir-faire.
Contraindre l’élève à un nombre de répétitions important lorsque ces derniers ont été ressentis, est un gage de stabilisation.

Illustration : en classe de 1ère, attaque d’une défense étagée nécessitant que les élèves s’engagent dans les intervalles pour trouver une solution de tir.
A l’issue d’une séance axée sur cette thématique, ils sont à même de formuler les indicateurs précis de ce qu’il faut faire pour accéder au tir seul à 6 mètres :
– recevoir sa balle en course
– partir au moment où le PB arme pour faire sa passe
– s’engager dans l’espace libre en accélérant
– intervalle ouvert : s’infiltrer et tirer ; intervalle fermé : passer et se replacer

Ces critères de réalisation deviendront des règles d’action à partir du moment où ils les auront ressentis pour une action efficace. Une fois stabilisés, ces savoir-faire sont identiques à ceux d’un handballeur de haut niveau.

Cette pédagogie, lorsqu’elle respecte les étapes annoncées peut paraître couteuse en temps, c’est le cas le temps que les élèves s’y rôdent.

Par la suite, ceci permet à tous, plus ou moins rapidement, et donc aux filles également, d’acquérir ces savoir-faire techniques, car elles ont compris et ressenti ce qu’elles pouvaient faire pour réussir. Qu’elles prennent confiance en elles en augmentant leur sentiment de compétence suite à cette réussite participe de cette démarche.

Ce mode de fonctionnement est plus aisé quand le niveau de connaissances de l’enseignant dans l’activité est significatif. Pour permettre aux filles, mais pas seulement, d’accéder à ces savoir-faire techniques, il faut augmenter notre propre niveau de connaissances dans les activités et particulièrement dans celles qui les mettent le plus en difficulté.

Cet article est paru dans Contrepied HS N°6 - HandBall

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Sport et cohésion sociale

Yvon Léziart - septembre 2012

Cohésion, inclusion, intégration… les mots et les politiques qui se cachent derrière eux se valent-ils ? Quand on sait que le terme cohésion signifie « unité et harmonie » on se prend à douter que rapportée au social, il ait socialement un sens… Le social étant par excellence le champ de la diversité, des contradictions, des tensions, sociales, justement. Qu’est-ce donc que la cohésion sociale par le sport ? Au-delà de cette question difficile mais déterminante, un constat s’impose : les structures traditionnelles du sport peinent à rassembler les populations. Et ce n’est pas pour autant que les nouveaux modes d’organisation des sports répondent aux attentes nouvelles des pratiquants et encore moins aux besoins de ceux qui n’accèdent pas au « sport ».
Jean-Philippe Acensi (agence éducation par le sport), William Gasparini (Staps Strasbourg), Thierry Long (Staps Nice) ont donc débattu du sport et du social lors d’une table ronde. Yvon Léziart en rend compte ici.

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