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Football - EPS & Société

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Retrouvez les suppléments électroniques dans ce sommaire

Édito

  • Foot-­il s’en foot ? (B. Cremonesi)

Introduction

  • Le foot à l’école, simple brouille ou divorce consommé ? (A. Becker)

Le dessous des mots

  • Équipe (J.P. Lepoix)

Des pratiques

  • Du jeu, des rôles, des rituels pour apprendre (M. Darochat)
  • Jouer sur les règles pour un jeu offensif de création collective (J. Gout)
  • Jouer au Futsal pour apprendre en foot (C. Peladan)

Les petits riens

  • Des jeux pour apprendre (A. Buono)

Regard

  • Le foot : un joli sport codifié par les anglais au XIXe siècle, sport spectacle corrompu par les mafias au XXIe siècle (A. Vernon)
  • C’est quoi le football ? (A. Buono)
  • Unité du football (P. Arrighi)
  • Un sport au cœur des évolutions sociales (J. Sorez)

Résonance

  • Le jeu, le joueur, le joueur dans le jeu (F. Blaquart)
  • Les Vaudrais sont fiers de leurs footballeuses (C. Locatelli)

Controverse

  • Permettre aux débutants, débrouillés de progresser, en acte, au football (M. Travert)

La recherche ça questionne

  • L’évolution des connaissances scientifiques en football, en France (Y. Léziart)

Magazine

  • Rencontre : Christian Gourcuff (J.P. Lepoix)

Grand format

  • Contre­pied, avant Contre Pied (Y. Léziart)

Kiosque

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Hors-Série n°9 - Mai 2014

Football

Foot t’il s’en foot ?

Football

« Le football, je dis à mes élèves que c’est interdit à l’école ! »
« à quoi cela sert de faire du football, de toute façon ils y jouent tout le temps. »
« Le football n’a rien à faire à l’école, ce n’est que triche et magouille. »

Qui n’a pas déjà entendu ces propos ? Le verdict est déjà prononcé : un divorce entre le monde de l’éducation physique et sportive et la « culture foot ». Il est même assez conventionnel et fédérateur d’en faire une critique systématique comme pour s’élever de ces masses de supporters vociférant pour reprendre les mots de la critique radicale du sport et de ses dérives accablantes sur la magouille, la tricherie et autres méfaits... Pourtant ici ou là quelques intellectuels de gauche s’essaient à un regard sur le phénomène planétaire le plus populaire fait d’ombres, certes, mais aussi de lumières. Nombre d’auteurs passionnés de football, Pasolini, Umberto Ecco, Camus, Gramsci… nous font partager dans de très beaux textes leurs regards sur les hommes qui jouent et leur amour du beau jeu, que l’on trouve récemment réhabilité par le Barça ou l’équipe d’Espagne.

La revue Contre Pied souhaite contribuer à regarder autrement ce qui se joue dans ce sport, et essayer de convaincre nos lecteurs qu’au delà de la face visible du football qui crève nos écrans, un autre football existe et vit. Un autre football se développe dans le creux de la vague dominante. La complexité du phénomène impose alors, si l’EPS veut jouer son rôle, de permettre à tous les jeunes d’en comprendre les enjeux, donc d’entrer dans ce pan gigantesque de la culture sportive.

Regarder le football autrement, c’est confronter les images des supporters dénoncés comme marqueurs de la culture « beauf », voire, pour les hooligans d’une culture violente et fascisante, à celles d’un authentique moment majeur de la sociabilité populaire. Jean Claude Michea, professeur de philosophie ira même jusqu’à dire que c’est sans aucun doute un lieu d’apprentissage de la philosophie et de l’argumentation.

Nous savons que beaucoup sont sceptiques sur un possible regard alternatif sur le football. Mais, à la lecture, vous aurez peut être un temps d’hésitation, un temps de respiration pour laisser un interstice à votre précédent jugement sans appel. Accepter de regarder ce que les Hommes inventent et font sans jugement moral, accepter qu’aujourd’hui le capitalisme absorbe toute création humaine pour en faire un objet de profit et peut, par braconnages successifs, en extorquer son sens humain le plus profond. Réhabiliter l’humain dans le football, c’est sans doute réhabiliter la capacité d’invention et de création du « beau jeu », c’est réhabiliter la part de hasard qui font que les petits peuvent gagner les plus grands, c’est réhabiliter que le jeu et le sport sont un essai du monde. Ouvrons nos yeux et essayons comme Antonio Gramsci de voir dans le foot « le royaume de la loyauté exercée en plein air ».

Bruno Cremonesi