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Formation continue des professeurs des écoles en Arts du cirque - EPS & Société

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Des pratiques

Formation continue des professeurs des écoles en Arts du cirque

Carole Carlux - 10 juin 2014

Pour Carole Carlux, CPD EPS en Dordogne, « un parcours d’éducation artistique et culturelle », c’est juste ce que tout enfant est en droit d’attendre de l’école, un apprentissage fondamental au même titre que le savoir lire, écrire, compter ! C’est un cheminement entre des connaissances, de la pratique, et des rencontres, avec des artistes et/ou des œuvres, dans des lieux dédiés à la culture. Pour cela, les enseignant.es doivent être formé.es, être confronté.es à ces moments où le corps parle, ressent, restitue dans différents arts, dont les arts du cirque. Elle relate son expérience.

Les connaissances tirées des rencontres avec les artistes et les œuvres

La Dordogne est un département privilégié car nous avons un centre national de résidences d’artistes du cirque contemporain, le centre artistique et culturel, l’AGORA de Boulazac. Il accueille des spectacles de cirque contemporain, et des compagnies en résidence, sous chapiteau. Les enseignants, avec leurs élèves, peuvent toucher du doigt ce monde circassien : les artistes en répétition ou en représentation, le lieu de pratique avec la visite de chapiteau de forme et d’aménagement différents. Des temps d’échanges sont aménagés pour discuter et interviewer ces artistes.

L’ exemple de la compagnie de cirque VOST.

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Elle a travaillé avec des bambous venus de Chine pour construire la grande structure dans et sur laquelle ils vont évoluer, et construire leur spectacle. Ils ont réalisé en amont une maquette de celle-ci pour avoir un aperçu de l’ensemble. Cette structure sera pour le spectacle in fine installée en pleine air.
Ici, la rencontre des artistes voltigeurs acrobates, sur une structure inattendue où ils ont montré une partie de leur travail en acrobaties aériennes a permis de voir , de reconnaître et donc de savoir ce qui compose une partie du cirque contemporain. Les questionnements qui ont suivi ont permis d’affiner la connaissance sur le travail de voltigeur, de porteur et de tout le matériel nécessaire à la sécurité dans cet exercice.
Les costumes, la musique a permis de créer un univers qui permet à tout un chacun de se « raconter » une histoire.

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Avec la compagnie Nicole et Martin, la rencontre porte sur autre chose ; C’est le maillage d’une histoire livresque : " Les musiciens de brème " racontée par deux artistes circassiens.
C’est le théâtre et la musique à la rencontre du cirque d’aujourd’hui. On voit ainsi comment des éléments de jonglerie et/ou d’acrobaties et/ou d’équilibre illustrent la narration.

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Ces rencontres permettent de comprendre que le cirque contemporain, ce n’est plus seulement une succession de numéros : on raconte « une aventure, une histoire ».

Ces rencontres en direct permettent de faire vivre des émotions grandeur nature dans des lieux « mythiques » qui sont alors exploitées avec les élèves pour enrichir les connaissances du monde du cirque contemporain.
C’est bien un cirque où s’opère le maillage de différentes arts : le cirque et les arts plastiques, le cirque et le théâtre, le cirque, le cirque et le cinéma, le cirque et les arts visuels, le cirque et les arts plastiques, le cirque et la musique,….

La mise en œuvre de ces rencontres est présentée et travaillée en formation continue. Le soir de 17h à 19h, je donne des pistes pour que les enseignants construisent les questions qui seront posées aux artistes (pourquoi avez-vous donné ce titre à votre spectacle ? comment vous êtes-vous entrainé.es ? avez-vous le trac avant le spectacle ? etc.). Une fois que les élèves ont auront recueilli les réponses, ce travail fera l’objet d’un article qui sera remis au directeur du centre culturel de l’AGORA, monsieur Frédéric DURNERIN. C’est une façon de valoriser le travail des élèves-reporters et de donner du sens à cet écrit de « journaliste ».

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Autres outils et documents vidéo :

D’autres outils sont signalés aux enseignant.es pour enrichir leurs connaissances sur le cirque contemporain. Un DVD, « le nuancier du cirque » SCEREN – Hors les murs, de Jean Michel Guy et Julien Rosemberg permet d’approfondir ces connaissances sur le cirque d’aujourd’hui.
Cependant il faut accompagner cet outil auprès des enseignants si l’on ne veut pas qu’il ne reste qu’une illustration de plus.
Cet accompagnement se traduit par une utilisation systématique d’extraits de vidéos tirées de ce DVD, lors des animations pédagogiques. Je prépare un questionnaire pour les enseignants-observateurs. Bien sûr les 2 ou 3 extraits ont un lien avec la thématique travaillée lors de l’animation pédagogique. Par exemple pour l’utilisation d’objets ’ extraits sur les arts du cirque dans la rue :

  • Quels objets sont utilisés ? (Leur forme, leur couleur, leur poids,...)
  • Comment sont-ils utilisés (liste de verbe d’action) ?
  • Sont-ils utilisés seuls ou à plusieurs ?
  • Comment sont-ils « apparus » au public ?
  • Sont-ils toujours utilisés ou délaissés par moment ? Si oui pourquoi ?
  • Y a t-il une utilisation répétitive, lente, rapide ? Expliquer.

Ces éléments d’observation servent d’analyse de la/sa pratique dans la manipulation d’objets, et donc un questionnement sur le monde circassien utilisateur d’objets. Ce questionnement est à rapprocher avec un travail qui peut être mené dans « sa classe, en tant qu’enseignant ».

La pratique des enseignant.es en formation continue (animation pédagogique de 3h)

Il est indispensable que ces connaissances s’ancrent dans des PRATIQUES pour construire du sens : comment créer, s’exprimer ? Pourquoi et comment utiliser des objets pour jongler, s’équilibrer ou faire des acrobaties ? Comment s’organiser face à un public pour faire passer des émotions, retranscrire une histoire ?

Le processus de création collective

Le Libellé de l’animation pédagogique est :
Les arts du cirque C’est quoi ce cirque ? Une invitation à "bouger" autrement pour interpeller le public.
Une invitation pour devenir un spectateur averti du cirque contemporain, voir un reporter en herbe.
Sur une durée de 3h au moins, développer une technique de base circassienne : jonglage avec de objets et ou équilibre sur des objets et ou acrobaties, et mettre en scène pour « raconter une, son histoire » pour interpeller le public.

Le détournement d’objets 

Cette approche interpelle d’emblée les enseignants car je les surprends sur une représentation inhabituelle pour eux du monde du cirque. Ce n’est pas des balles ou des foulards ou autres éléments qu’ils connaissent.
De cet étonnement je vais me et les nourrir :
- et oui qu’est-ce que c’est,
- et qu’est-ce que je peux en faire : m’équilibrer ou jongler, ou autre verbes d’action ?
Forcément ils cherchent et produisent des « nouveautés » qui les étonnent eux-mêmes.

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Dans un premier temps très rapide ils découvrent par groupe de 5 à 6 les objets : phase exploratoire ;
Dans un second temps, je donne des consignes pour tout de suite réaliser soit des équilibres soit du jonglage en utilisant l’objet ou les objets ;
Ils sont libres mais au bout de 20 mn environ de recherche, le groupe doit « montrer » quelque chose aux autres. Et je m’étonne à chaque fois mais ils y arrivent.
Ce détournement d’objets est un JEU qui permet aux enseignants de se libérer de leur représentation et donc de mettre en marche une créativité sans borne.

Par exemple, j’ai abordé le travail d’équilibre et d’acrobaties avec un « support – objet » : la chaise, avec pour finalité : « Raconte-moi une, ton histoire ».

Dans un premier temps, les enseignants, (élèves), explorent seuls tous les équilibres possibles sur leur chaise qui peut être positionnée comme on veut.
Les consignes sont les suivantes :

  • Seul, se trouver en équilibre sur sa chaise de différentes manières (au moins 3), on doit pouvoir faire une photo donc tenir au moins 3 secondes sans bouger. On montrera les solutions par groupe de 3 aux autres. On construit alors une famille de positions en équilibre sur la chaise posée sur « ses 4 pieds » ;
  • idem mais la chaise est posée différemment sur le seul, (sur le coté, sur la tranche,...) Attention elle doit tenir au sol de manière à vous accueillir dessus !
  • idem mais vous êtes à deux pour une chaise ; se tenir en équilibre à deux sur une chaise (3 positions)
  • maintenant vous disposez les 3 chaises comme vous le souhaitez et vous réaliser 3 positions à la suite sur les 3 chaises, sans toucher le sol entre ces 3 chaises (il faut gérer les déplacements de chacun et l’enchainement des 3 postures) ;

A chaque fois, après la phase de recherche (10 à 15 min) par groupe on montre aux autres qui observent en fonction des consignes données.
Sans le savoir, mais tout en le faisant les élèves/professeurs composent déjà une prestation devant un public ! Tout d’abord les équilibres et l’emplacement des chaises et « simples » puis ils prennent confiance et arrivent à des équilibres plus précaires (appuis avec de petites surfaces sur 1 pieds , sans l’aide des mains, sur des surfaces plus petites de la chaise,...). La stabilité aussi est recherchée.

Dans une autre situation je demande aux groupes de faire apprendre leurs pyramides : vous devenez les professeurs pour les autres : ici les élèves cycle2 et cycle3) doivent élucider étapes par étapes la construction de l’enchainement des 3 pyramides. C’est une analyse « discursive » entre les 2 groupes qui apporte un retour sur sa pratique et donc une mémorisation fine des actions motrices mises en place.
Le fait d’avoir à chaque fois le passage devant les autres les oblige à prendre en compte la place du spectateur dans leur présentation : qu’est-ce que les spectateurs voient : mon dos, mon visage, autre.....

Construire le répertoire des réponses motrices trouvées

Dans un deuxième temps on montre son travail et l’on classe par famille les trouvailles :
les debouts/les couchés/ les accroupis,....avec les différents positions des segments bras et/ou jambes.
On les classe aussi par difficultés au niveau de la surface d’appui pour tenir l’équilibre : plus la surface d’appui est petite plus le niveau de difficulté est élevé.
L’originalité est donnée par des équilibres non encore répertoriés, dans le cahier de classe ou d’école qui peut être construit à l’aide des photos : c’est le cahier des « familles trouvées et testées ».

Les pyramides

Dans un troisième temps on essaye des pyramides inconnues et réalisées par le camarade.
Les règles de sécurité sont bien sûr abordées, reconnues et appliquées par tous.
Les contraintes :
les pyramides soient tenues 3 secondes sans bouger,
la hauteur est 2 niveaux maximum
pas de paroles on s’écoute en silence,
pas de « spectateurs dans les acteurs » c’est à dire que chacun à un rôle à tenir dans la pyramide.

Dans un quatrième temps j’introduis la notion de « travailler ensemble » : par groupe de 3 ou plus et réaliser 3 pyramides différentes avec 1 ou 2 ou 3 ou plus de chaises.

Scenario sous forme de collage/découpage de deux histoires

Dans un temps de pause je présente des albums de jeunesse en lien avec ce travail circassien. « La chaise bleue et Stomboli » [1] ; cette approche renforce le travail pluridisciplinaire du maître polyvalent, qui répond à la spécificité du cirque contemporain : maillage des arts.

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Je donne un scénario en forme de collage découpage d’extraits des 2 albums.
Je prends des extraits d’albums de jeunesse, lu au préalable et qui ont un rapport avec le monde circassien ; je fais des photocopies où il y a :

  • des images très explicites : ici le chien est positionné derrière le loup avec la chaise basculée),
  • ou du texte : mots répétés, phrase avec des onomatopées, ect…

J’intercale alors ces images avec des pages blanches sur lesquelles le groupe va dessiner sa pyramide avec ou sans chaises ;( un élément travaillé lors des séances précédentes.

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C’est une suite de moments pour commencer à écrire son scénario.
Les élèves peuvent changer l’ordre comme ils veulent. Ils s’aident des images et des mots écrits qu’ils peuvent donner à entendre. C’est une récitation par le corps d’une histoire écrites à plusieurs. Tout est permis : la voix autant que le corps « gymnique ».
Ce collage découpage est en sorte un story bord du travail collectif engagé par chaque groupe.
L’idéal serait que les enseignants (élèves) découpent eux-mêmes et colle leur choix (images avec ou pas de textes)
Par manque de temps c’est moi qui propose des scenarii différents et qui demande alors aux enseignants de les faire vivre en introduisant leurs 3 pyramides « apprises.
Ils partent de cette proposition et après libre à eux d’utiliser, de détourner, de repositionner les images, le texte. La proposition collective montrée devant le groupe fait entre 2min et 3min au maximum.

Je filme comme je leur conseille de faire avec leurs élèves. Cet instant est important car il permet de voir et de revoir en remarquant ce qu’il est bon de garder et ce qui peut encore évoluer.
Les observations portent sur :

  • la prise en compte du placement par rapport aux spectateurs : de face, de dos, prés, loin : pourquoi ces choix ;
  • y a t-il un début : si oui où cela commence-t-il ? Avant d’arriver sur le lieu-dit « scène », ?
  • y a t-il eu une mise en place de matériels avant l’entrée en scène des acteurs ? Si Oui cela fait il partie du spectacle ? Cela pourrait-il faire partie du spectacle ?
  • y a t-il une fin : si oui comment est-elle signifiée ?
  • est-ce que tous les acteurs ont un rôle bien défini tout au long du spectacle ?
  • est-ce que les pyramides sont « lisibles » et tenues 3s ?
  • y a t-il des « sons » ou paroles voulues ou fortuites ? Pourquoi ?

C’est une trace pour travailler. On est moins sur l’émotion et plus sur la construction de ce que l’on veut donner à voir pour créer un effet visuel pour le public. C’est un outil complémentaire pour la classe. Une trace écrite et/ou dessinée permet aussi ce retour sur sa pratique pour corriger, reconstruire ensemble. « L’effet visuel » n’est rendu que par le regard de l’autre. C’est le spectateur qui fait le « rendu » de la production, Ce message doit bien être expliqué aux enseignants sans pour autant laisser paraître un quelconque jugement de valeur sur ce qui est produit.
Le critère de réussite, c’est de répondre à son scénario dans lequel chaque acteur a son rôle : on reprend le travail « d’écriture » à l’aide des photos, des dessins, etc.
Ce que l’on garde, c’est d’abord ce que l’on est capable au niveau de la prouesse technique (équilibre de ou jonglage ou acrobatie) de reproduire au moins 3 fois de suite sans se tromper, sans se faire mal ou faire mal à l’autre, seul ou en groupe cela dépend du scénario. Là il y a acquisition de savoir-faire et de savoir être, on le garde pour la prestation finale.
Dans le relationnel (entre acteurs et entre acteur/spectateur), le critère de réussite est : se produire devant un public sans oublier « son texte » et en gardant son rôle.

Analyse d’œuvres

Je conclus ce travail par le visionnage de 3 extraits du DVD « Le nuancier du cirque » (DVD1 : L’art Acrobatique / Acrobatie au sol). Ces extraits montrent comment les artistes racontent différemment en 2mn l’histoire d’une rencontre :

1) « Histoire amère »  : 2mn : partir d’une phrase dit par un protagoniste. Cette annonce résume le propos acrobatique tenu. « On n’ose pas se toucher » : 2 acrobates qui évoluent avec toujours les deux mains dans les poches ;
2) « Les acrostiches »  : 1mn40, un musicien chanteur commente ce qui se passe , c’est-à-dire ce qu’il vit et ressent en tant « qu’objet »manipulé, porté, par les 3 autres acrobates. ;
3) « Cirque AÏTAL » : 2mn15 : sans paroles mais avec des grimaces, des cris des rires. ; deux êtres un grand costaud et une petite contorsionniste qui se croisent.

Ces extraits permettent de rebondir sur le propos travaillé : comment raconter une histoire en arts du cirque ; On voit que chacun.e à son mode d’expression circassien.
 
Pour l’école primaire, je trouve que le travail sur le détournement d’objets est une entrée très intéressante pour développer la créativité. Ce travail de « recherche » manipulatoire pour s’équilibrer ou jongler avec des élèves de cycle 2 et cycle 3 est porteuse d’entrée directe dans l’imagination des enfants, et des adultes.
Le travail en acrogym ou acrochaise et aussi intéressante pour s’exprimer collectivement avec une recherche de prouesse, de l’exploit. Cela permet dès la première séance d’avoir une production à voir, ce qui place d’entrée les élèves dans une posture d’acteur et de spectateur avec des critères de réussite explicites.
Dans cette recherche de pyramides il y a autant une nécessité d’écoute liée à la sécurité avec des règles d’or, mais aussi une ouverture sur le choix immense des postures possibles. « J’ai des contraintes mais je suis libre en même temps de choisir la construction de ma prestation ».
Ceci n’est pas une dualité mais le côté face et pile d’une production esthétique et artistique.
Alimenté par des paroles, ou des chansons ou des rires ou des cris, ou des grimaces,… on est encore à la croisée de chemins artistiques, ici les acrobaties + le théâtre + la musique + le mime.

Explicitation de la démarche de création

Dans le cirque on travaille les acrobaties, la jonglerie et les équilibres. C’est la même démarche de formation pour travailler trois domaines :

  • découverte des objets, montrer ses trouvailles, réessayer et essayer les idées des autres pour construire un répertoire des réponses motrices. Dès la première séance les élèves montrent leurs trouvailles ;
  • faire des choix pour construire un scénario seul puis à plusieurs ;
  • laisser des traces écrites, dessinées, filmées ou photographiées ;
  • laisser du temps pour répéter sa prestation.

Comment aider à la construction de ce regard critique objectif pour avancer dans cette création artistique ? Ici le travail en groupe est primordial. Ce sont les interactions entre les personnes qui vont aider, soutenir cette réalisation. Réaliser, voir, discuter : on construit des ponts entre les intériorités des personnes et la réalité donnée à voir. C’est fondamental dans notre monde de plus en plus virtuel !
Ce travail est axé sur l’expérimentation : il y a une grande liberté dans le « laisser faire, découvrir » mais dans un souci sécuritaire. Puis on organise les trouvailles, on fait des choix pour les répéter et les mémoriser.

  • après les 3, 4 premières séances environ, il est nécessaire d’alimenter alimenter « l’imaginaire » circassien par des lectures d’album, le visionnage de d’extraits de vidéos, la lecture d’œuvres d’art sur le cirque. Par exemple, construire par découpage/collage son scénario et l’essayer. C’est une entrée possible pour aider à la construction d’un fil rouge, colonne vertébrale artistique des productions. On n’est pas seulement dans la recherche de prouesses techniques qui peuvent vite s’épuiser à l’école primaire. On est au service d’une narration à facettes multiples mais circassiennes (avec des acrobaties, de la jonglerie et /ou des équilibres).
  • à chaque séance il y a une ou des prestations devant les autres, même si la restitution est minime.
    Le regard du spectateur se construit autant que « l’aisance » des acteurs ; Il est possible de créer, de donner à voir aux autres, de créer des émotions sur les autres pour provoquer des rires, des questionnements, des peurs, des joies, des exclamations des applaudissements des relations humaines spontanées. C’est le jeu de l’émerveillement pour celui ou celle qui tente de réaliser, on expérimente en faisant des choix et puis on donne à voir et ressentir, même si la « création » n’est pas aboutie.
  • le spectacle
    Certaines écoles font un spectacle dans l’école, d’autres participent à des rencontres interclasses sur une journée, dans le cadre du Projet Départemental Education Artistique et Culturel « Tous en piste ». Avec ces parcours d’EAC l’enseignant a une ouverture, un autre accès au travail sur l’expression de soi, la création individuelle ou collective. On ouvre sur une école qui construit de la confiance et du plaisir de pratiquer, de créer dans un « monde imaginaire ».

Une exposition puzzle, cirque et arts plastiques

L’intérêt de la polyvalence des enseignant.es du primaire est de pouvoir mettre en œuvre assez facilement du travail interdisciplinaire, « ce qui est fait permet d’apprendre dans plusieurs domaines », (Jean Luc ALLAIN et Christian FRIN, dans Les figures de la polyvalence). Les arts du cirque s’y prêtent tout particulièrement.

Je propose une exposition en arts plastiques sous forme de jeu du puzzle :
L’élève doit accorder un élément en forme de puzzle à une image, reproduction d’œuvres artistiques.
Il doit exercer son regard à être précis dans la lecture d’une œuvre. Qu’est ce qui la diffère d’une autre et qui la particularise pour répondre on mon morceau de puzzle ?
C’est l’occasion de s’interroge sur le contenu des œuvres : les thèmes abordés, leur chronologie, les différents matériaux utilisés, etc.,…Un travail commun avec la conseillère pédagogique en arts visuels est mis en place.

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Quelques chiffres sur les arts du cirque en Dordogne

En Dordogne, le cirque se développe sous deux formes : des projets EPS (les arts du cirque devenus une évidence dans les programmations d’EPS) et des projets artistiques subventionnés et accompagnés par des artistes et des intervenants. Ce type de projets touche entre 20 et 30 classes par an. Les subventions proviennent de la DRAC et du théâtre AGORA (5000 €), de l’Education Nationale (2000€) et du conseil général (700€). Ces subventions permettent de proposer des spectacles avec des artistes renommés, des visites de chapiteaux au moment des entraînements d’artistes, des visites d’expositions et l’aide d’un intervenant extérieur agréé. Cet-te intervenant est issu d’une école de cirque, il ou elle vient pendant 4 à 6h durant le cycle, il aide au début pour démarrer le projet, et revient pour aider à la mise en scène, pour les classes de l’élémentaire. Pour la maternelle, c’est l’enseignant-e qui gère l’ensemble avec l’aide des CPC et/ou CPD. Nous avons un CPD EPS pour 7 circonscriptions dont une pour l’AHS (handicap), 5 circonscriptions ont un CPC EPS.


NOTES

[1Extrait de la « Chaise bleue « de Claude BOUJON ; Edition Ecole des Loisirs.
Extrait de « Stromboli » de Christian Voltz Edition du Rouergue

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