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Handball : Faut-il évaluer le résultat du match ? - EPS & Société

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Handball : Faut-il évaluer le résultat du match ?

Michel Cicut - 25 septembre 2017

Michel Cicut, professeur d’EPS au Lycée Saint Exupéry à Marseille, ancien responsable du pôle espoirs hand, ex international et entraineur, s’appuie sur ses expériences pour proposer des façons différentes d’évaluer en fonction des lieux de pratique.

Tu ne trouves pas pertinent de prendre en compte le résultat du match dans l’évaluation des élèves, pourquoi ?

En effet, le gain du match n’est pas l’objectif prioritaire lorsqu’on enseigne un sport collectif à l’école. Ceci constitue la différence avec le club où il y a obligation de résultat et la recherche de la victoire est fondamentale.

Valoriser le gain du match peut être contreproductif. Notre objectif est avant tout de travailler collectivement, or dans nos classes hétérogènes un élève peut faire la différence à lui tout seul et ce malgré l’opposition collective. Bien souvent, le choix de l’exploit individuel est le plus efficace pour faire gagner l’équipe, stratégie que l’on retrouve aussi au plus haut niveau. Autre constat, la prise en compte du gain du match ne fait pas mieux jouer les moins bons.

Je peux comprendre que pour certains collègues la prise en compte du gain du match dans l’évaluation soit « rassurante » car quantifiable, mais le lien avec le jeu collectif, notre contenu d’enseignement, ne va pas de soi : on oblige les élèves à rentrer dans une contrainte paradoxale : gain du match ou jeu collectif.

Comme faire alors pour résoudre ce dilemme collectif/résultat ?

Nous devons nous centrer sur certaines compétences, telles que la prise d’information, la décentration par rapport au ballon, la prise en compte du partenaire et de l’adversaire, et l’espace sur lequel on joue.

Il faut jouer sur les consignes collectives. L’interdiction du dribble, le jeu sans ballon, l’occupation du terrain, la prise d’information tout cela permet de « jouer en équipe ». Pour créer du collectif, les consignes individuelles restrictives telles : interdire au meilleur d’aller marquer le but et l’obliger à faire des passes, me paraissent davantage génératrices de frustration et donc inopérantes.

Mais cette non prise en compte du résultat du match n’entraine-t-elle pas une baisse de la motivation des élèves ?

Même s’ils n’ont pas participé pour grand-chose à la victoire, il est vrai que les élèves sont contents de gagner, mais ils ne sont pas dupes et savent qu’ils doivent leur succès à la composition des équipes et à l’efficacité de leur meilleur joueur.
Cette petite « imposture » est d’autant plus gênante quand il s’agit d’une classe à examen où la victoire donne des points à tous les joueurs de l’équipe gagnante.

Bien entendu, je fais des matchs et les élèves totalisent les buts, mais ils savent que je ne tiens pas compte du résultat du match dans la note. Ce préalable enlève d’entrée la pression sur le résultat. Ensuite, je ne stabilise pas les équipes, à chaque séance une nouvelle équipe est composée, pour favoriser l’adaptation et créer de nouvelles relations de jeu avec de nouveaux partenaires. Les élèves ne recherchent plus à être dans l’équipe du meilleur pour gagner mais cherchent à apprendre à se connaître pour être efficaces.

Selon toi, quelles sont les règles du jeu essentielles à travailler en milieu scolaire ?

En préalable, je pense que le travail sur la règle est une variable riche que doit saisir l’enseignant. Je ne suis pas fondamentalement favorable à l’arbitrage systématique par les élèves, surtout en début de cycle. Ce rôle d’arbitre dévolu trop précocement peut constituer un obstacle au jeu de tous. Si on arbitre sans discernement selon les règles fédérales, on assiste à un jeu haché et on tue le jeu.

Je pense qu’il y a des règles d’or : la zone du gardien (spécifique au hand) et le contact. Pour cette dernière il faut se montrer intransigeant sur les fautes effectuées une fois que le joueur est passé. En scolaire, avec un jeu informel, elles sont fréquentes.

Par contre, je pense qu’il faut être tolérant sur le marcher et la reprise de dribble. Ces règles inhibent les élèves. Accepter 1 ou 2 appuis de plus, autoriser l’élève à enchaîner un dribble après une « réception-dribble », augmente le volume de jeu. Les élèves sont pris dans le mouvement général, on développe ainsi leur motricité par la prise d’initiative, ils peuvent davantage expérimenter. Ensuite avec l’évolution du niveau de jeu, on s’approchera de la règle « officielle » plus contraignante, mais il ne faut pas inverser les choses, afin ne pas brider trop précocement la créativité motrice. Dans un processus de formation, même vers le haut niveau, la liberté sur cette règle favorise l’expression motrice.

Entretien réalisé par Sebastien Molenat et paru dans Contrepied HS n°6 - Handball

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