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La formation circassienne pour tous : l’académie Fratellini - EPS & Société

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Résonnance

La formation circassienne pour tous : l’académie Fratellini

Valérie Fratellini - mai 2012

Pour Valérie Fratellini, directrice pédagogique de l’Académie Fratellini à St Denis (93),
la vraie rupture dans l’évolution du cirque c’est la création de cette école. Depuis,
des dizaines « d’apprentis » s’expriment dans les compagnies pour notre grand plaisir. Des artistes qu’on aura peut-être un jour comme formateurs des profs d’eps…
en cirque ?

L’Académie créée en 2000, est la continuité de l’école du cirque Annie Fratellini créée en 1975. C’est une école supérieure des arts du cirque avec un cursus de trois années qui est un CFA. Ce qui en fait notre particularité, nous avons des apprentis et non pas des étudiants. Des apprentis qui sont « employés » de l’Académie. Ils exécutent 60 % de leur temps de travail à l’académie et 40 % en dehors. Pendant ce temps d’alternances, ils sont confrontés à toutes sortes de publics et toutes sortes de spectacles qui vont de la création à l’événementiel. À la fin des trois ans, ils devront passer un examen qui leur donnera le DMA (diplôme des métiers d’art)

Comment caractériseriez-vous l’évolution du cirque ?

La véritable évolution c’est la création de l’école du cirque Annie Fratellini et Pierre Etaix en 1975 : tous ceux qui le souhaitaient pouvaient ainsi voir leur rêve se réaliser : « faire du cirque » ! Cela est né de rencontres, de rapprochements : Sylvia Montfort et Alexis Gruss : le théâtre approchait une famille ancestrale du cirque, Jean Baptiste Tierray et Victoria Chaplin concevaient une forme plus imaginaire… théâtre, cinéma, peinture, musique pouvaient apporter. Sans rompre avec le fond patrimonial, l’évolution était là : Archaos, Bartabas… tout un tas de courants ont émergé, la porte était ouverte, tout était possible. Enfin, dans les années 1980. il y a eu la création de l’école supérieure des arts du cirque de Chalons en Champagne .

Est-ce qu’à l’Académie il y a un parti pris ?

Ce sont les apprentis qui sont les vecteurs de l’évolution. S’il y a un parti pris c’est d’aller vers demain en n’oubliant jamais la tradition. Je ne fais pas fi du passé, c’est pour moi un patrimoine. Ici on leur inculque une éducation, un savoir de spécialité, un savoir artistique, les éléments de construction d’un numéro. On leur apprend que le cirque est avant tout un art au même titre que la danse et la musique. Pour être cet artiste, il y a plusieurs chemins et ce n’est pas à l’école de décider lequel est le bon.

Donc la fonction première du cirque c’est l’art !

Oui bien sûr c’est de l’art …

Pourtant beaucoup de numéros sont à base « d’exploits » sportifs et de la même manière il y a un public, un échange… comme au foot !

Mais ce n’est pas de l’art ! C’est un sport !

La différence est finalement assez ténue…

Cela n’a rien à voir, même si au début le cirque a commencé avec des gymnastes et même si nos bases sont les mêmes, un saut périlleux reste un saut périlleux, mais la finalité n’est pas la même. Dans sa recherche de l’excellence ou de l’exploit, lors de la réalisation, l’artiste va pouvoir se servir du « moins bien », du mal réussi, à la limite, en faire un plus. Dans le sport le code, la règle contraignent, ici la liberté est totale. Et si le résultat compte bien sûr, ce n’est pas en termes de points, ni de gain ou de perte, mais en termes d’émotions.
De plus l’activité de l’artiste est inscrite dans la longévité, bien davantage que le sportif dont certains ont une carrière très courte.

Vous insistez à juste titre sur la dimension artistique du cirque.

On dit souvent que l’art est subversif, le cirque l’est-il et en quoi ?
Il l’est forcément parce que créer c’est oser. Par le geste, on peut se permettre tant de choses.

Nous sommes enseignants d’eps et nous enseignons des activités artistiques dont les arts du cirque. Que retenir pour notre enseignement ?
Nos professeurs sont tous des artistes qui ont choisi de transmettre leur art. Pour moi, le cirque ça s’apprend avec des gens qui l’ont vécu, c’est important. Je serai très intéressée que nous collaborions afin d’échanger nos connaissances techniques. C’est par cet échange que l’on pourrait dessiner ce qui pourrait s’enseigner.
Nous pourrions recevoir des professeurs d’EPS à l’Académie afin qu’ils rencontrent nos professeurs. 

Cet article est paru dans Contrepied - C’est quoi ce cirque ? - Hors-série n°3 - mai 2012

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regard

Egalité filles-garçons : l’influence des interactions non-verbales sur la construction du genre en EPS, une étude de cas en Badminton

Martine Vinson, Université de Limoges ESPE, UMR EFTS Toulouse - 11 novembre 2015

Les communications non verbales (la gestuelle, la distance d’enseignement…) en EPS sont peu étudiées. Les observations, menées en contexte d’enseignement du badminton, révèlent qu’à l’insu des enseignant-es d’EPS, les interactions non verbales sont très différenciées selon le sexe des élèves, révélant des attentes et des contrats didactiques différenciés.

Dans sa thèse, en étudiant de près les comportements des élèves et des enseignant-es, Martine Vinson participe à une meilleure connaissance des outils nécessaires à un enseignement égalitaire de l’EPS, déjoue les pièges de la « fausse neutralité » et les « impensés du genre". Cette recherche en didactique éclaire sous un autre jour les inégalités entre les filles et les garçons produites au cours de l’enseignement.

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