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La transdisciplinarité est elle la solution pour faire réussir les élèves ?

Isabelle Harlé - 12 avril 2015

Nous avons choisi de rencontrer la sociologue Isabelle HARLÉ pour questionner la tension discipline-transdisciplinarité. A croire certains syndicats ou certains mouvements pédagogiques lors des concertations pour la loi d’orientation, l’interdisci- plinarité serait la panacée pour garantir la réussite scolaire. Regard d’une spécialiste de la question....

Bruno CREMONESI : qu’apporte la sociologie à la compréhension de ce qui est enseigné à l’école ?

Isabelle HARLÉ : l’approche sociologique permet de comprendre que les contenus d’enseignement, loin d’être la simple transposition d’un savoir savant ou universitaire, sont également le fruit de luttes où interviennent différents protagonistes qui n’appartiennent pas forcément au monde de l’école : la sphère poli- tique, bien sûr, mais également la sphère économique comme le montre par exemple l’influence de l’IDE (l’Institut de l’Entreprise) dans les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales au lycée.
Au-delà, la perspective socio-historique permet de prendre du recul et de comprendre le statut relatif des disciplines dans les programmes
scolaires. Cela est d’autant plus vrai pour des disciplines dont la présence est fréquemment remise en question, comme les disciplines artistiques, la technologie par exemple ; mais cela vaut également pour des disciplines plus « installées » comme les mathématiques qui n’ont pas toujours eu dans l’enseignement secondaire la fonction de sélection qu’elles occupent aujourd’hui.

BC : les politiques scolaires, depuis de nombreuses années, prônent la transversalité voire la suppression des « disciplines ». Que pensez-vous de cette tendance ?

IH : cette transversalité est une tendance qui s’observe au niveau européen et qui se comprend en relation avec l’injonction des compétences. Elle peut contribuer à donner du sens aux apprentissages pour les élèves qui constatent ainsi les liens entre les différentes disciplines. Elle se heurte toutefois à des problèmes didactiques ainsi qu’à des difficultés très concrètes de mise en œuvre : mettre en place de la transdisciplinarité dans les établissements suppose de dégager des temps de concertation pour le travail en équipe. Par ailleurs, qu’entend-on par « transdisciplinarité » ? Le concept ne se laisse pas facilement saisir et se réduit souvent à un éclairage pluriel, voire successif des disciplines sur un thème donné.
Ce bouleversement de la forme scolaire remet également en cause les découpages disciplinaires traditionnels et les identités associées qui sont particulièrement prégnantes dans notre pays où la transmission des connaissances est étroitement liée aux disciplines. Quelle formation par ailleurs pour les enseignant-es ? Ne peut-on pas craindre enfin, sous couvert de transdisciplinarité, la suppression de certaines options ? Voire de disciplines et des certifications enseignantes associées ?

BC : un regard enfin sur le socle commun. Quel bilan et quelles perspectives ?

IH : le socle commun n’a pas contribué à la réduction des inégalités d’apprentissage qui restent fortes dans notre système éducatif. Se contenter des acquis du socle pour les élèves en difficulté ne peut pas être satisfaisant car cela creuse les inégalités. La validation des acquis est parfois un véritable cassetête pour les enseignant-es qui, dès l’école primaire doivent remplir un livret aux multiples items pas toujours compréhensibles par les familles. Réduire les inégalités passe par la mise en place d’une véritable école commune qui n’a pas vocation à sélectionner les élèves.

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La fabrique des savoirs scolaires, Isabelle HARLÉ,

Collection ’’L’enjeu scolaire’’,Editions La Dispute

Isabelle HARLÉ est maître de conférences en sociologie à l’IUFM des pays de la Loire.
Dans son ouvrage elle rappelle que les programmes scolaires ont toujours constitué une préoccupation des responsables politiques car l’influence de l’Ecole « reste manifeste à l’âge adulte dans tous les registres : économique, sociologique, culturel, éthique et politique ».
Pour elle, il y a un véritable décalage entre l’injonction adressée au système éducatif de prendre une plus grande place dans le contrôle social ou dans la préparation des jeunes au marché du travail et le nombre de travaux relativement modestes sur les savoirs scolaires. La conclusion de l’ouvrage montre que le socle commun, parce qu’il s’accompagne de la multiplication des évaluations tout au long de la scolarité des élèves est un outil de « pilotage à distance de l’activité des maîtres dans leur classe et d’individualisation de la politique des salaires ».

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