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Résonnance

Badminton : faire des choses avec sérieux, sans se prendre au sérieux !

- 18 mars 2021

D’où est venue cette idée ?

De de mon histoire personnelle. Plus jeune je caressais l’idée de devenir médecin pour participer aux actions de « Médecins sans frontières ». Je suis devenu journaliste et photographe, tout d’abord spécialisé dans l’humanitaire, puis dans le badminton - un sport que je pratiquais depuis quelques années. J’ai donc transformé mon projet pour créer avec des proches cette association qui s’inspire des mêmes valeurs. En ce moment, nous récoltons des fonds pour aider un orphelinat en Malaisie et une communauté d’enfants séropositifs en Ouganda, comme nous développons une action de rescolarisation au Brésil en direction des jeunes d’une Favela de Recife : ils jouent au badminton chaque après-midi, en échange de quoi ils doivent aller à l’école le matin.

Comment vous implantez-vous ?

Peu à peu les meilleurs joueurs au monde sont devenus nos ambassadeurs parce que l’esprit dominant est d’appartenir à une même communauté, une grande famille. Les joueurs voyagent en allant les uns chez les autres. Ils se connectent sur les forums d’échanges et trouvent facilement un logis. Au badminton, quand on se déplace, on ne va pas à l’hôtel, on va chez un joueur, une joueuse, quand bien même ils, elles ne parlent pas la même langue ou habitent à l’autre bout du monde. Les regroupements sont facilités, et on s’appuie sur des structures locales qui fonctionnent bien. L’esprit de Solibad s’appuie sur cet exemple de fraternité et le bouche à oreille fonctionne à merveille.

Comment associez-vous sport et cause humanitaire ?

Quand on contacte les « ambassadeurs », on ne le fait pas pour les valoriser, nous avons l’idée de provoquer une prise de conscience chez eux du monde qui les entoure. Une sorte d’éducation des sportifs eux-mêmes. La cause devient alors un outil d’éducation et de socialisation pour eux en même temps qu’ils sont préparés à la défendre. Lors des compétitions, comme champions, ils portent le logo de l’association et n’hésitent pas à en faire la promotion. Bien sûr cela renforce leur image mais nous ne cherchons pas à cultiver cet aspect. Il y a par ailleurs des exhibitions, c’est le sport spectacle où le sport passe après la cause, le badminton retrouve alors ses origines ludiques. Et bien sûr, l’argent collecté va sur le terrain – c’est tout de même notre objectif premier.

« Nous avons l’idée de provoquer une prise de conscience chez eux du monde qui les entoure »

Pourquoi ne pas mener de tels projets dans nos cités déshéritées ? Nous avons nos pauvres en France !

Dans nos projets à l’étranger nous nous appuyons sur des structures locales très fortes, en nombre d’adhérents, de joueurs de haut niveau et de moyens financiers. Crucial car Solibad est une toute petite structure.

En France nous avons créé Paraplume, un travail sur le handicap (cf. article de David Toupé) où sont organisées des rencontres avec handicapés et valides sur le même terrain pour contribuer à changer le regard sur le handicap. Nous avons proposé à la Fédération française des projets communs, notamment sur le badminton dans les banlieues mais nous sommes en attente d’un accord de partenariat pour les mettre en place. Enfin notre Solibad – day marche bien : nous sommes parvenus à faire danser sur une même chorégraphie à partir de gestes de Bad, des joueurs dans 100 villes dans le monde le même jour ! Nous sommes fiers de ce chiffre record et espérons faire aussi bien lors de la prochaine édition en 2014.Le tout, avec cette maxime qui reste la mienne : « Faire des choses avec sérieux, sans se prendre au sérieux ! »

Propos recueillis par JP Lepoix et parus dans le Contrepied Hors-Série n°8 - Badminton

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Le badminton, un cas d’école

♦ Christian Couturier, avec le bureau - 17 mars 2021

 Le badminton est devenu en quelques années un des sports phares de l’EPS et du sport scolaire. Première activité en nombre de pratiquants à l’UNSS, activité la plus programmée en lycée, en développement constant au collège et à l’école primaire, elle est aujourd’hui incontournable. Il est remarquable, il faut le souligner dès à présent, que ce mariage avec l’EPS se soit fait sans aucune prescription de quelque nature que ce soit, et même sans que les enseignants soient véritablement formés à cette activité (la préparation dans les UFR ne dépasse guère aujourd’hui l’équivalent d’un ou deux cycles et la possibilité de la prendre en « option » au CAPEPS que depuis 2011).