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Break, Hip-Hop, danses urbaines, du sens commun, à la culture, à l’école

Contrepied hors-série n°36– Nov. 2025

Break, Hip-Hop, danses urbaines, …, notre Centre EPS & Société explore les questions posées par la diffusion scolaire de ces pratiques. Nous les abordons comme des pratiques culturelles, récentes (années 80) mais, parions, durables. Elles nous interpellent pour ce qu’elles sont : des appropriations singulières d’un réel social, initialement douloureux, vécu par les acteurs et actrices, conduisant à des langages de révolte, de revendication, de combat tout en soudant leur diversité dans des formes socialisées, acrobatiques, revendiquant leur pleine humanité. C’est bien le cadre culturel qui nous interpelle positivement…

UGS : 2025-12 Catégorie :
Description
Édito
Sommaire

Nous ne tenterons pas ici de démêler cet écheveau de pratiques très diverses. Très jalouses de leur pré-carré et en même temps tournées vers l’expérience collective partagée, tout indiquait qu’une partie de la profession ne manquerait pas d’explorer ce champ répondant ainsi à une demande des jeunes des quartiers populaires et au-delà…

Née dans l’underground américain cette culture a largement rayonné et le label du défi les réunit incontestablement. Prenons-le comme forme d’interpellation commune liée au plus près du social qui les a fait naître, les vécus personnels irradiant en regroupements, équipes, crew… amalgamant progressivement des virtuosités existantes (gymnastique, arts martiaux…) supportées par la musique afro-américaine (jazz), en créant d’autres pour leurs besoins d’expression. Cet alliage a donné naissance à un large éventail, à de multiples productions. La lutte, d’une partie de ce milieu pour sa reconnaissance « officielle » (JO – break en 2024 et seule expérience –, compagnies de danse…), n’a pu éviter (comme bien d’autres pratiques par ailleurs : escalade, ski…), à produire des conflits d’identité pour la sauvegarde des inspirations initiales (de rue). L’enjeu, très disputé, est de préserver une « authenticité » revendiquée, percutée par le mouvement de socialisation porté par sa popularité et, côté État, par la volonté de contrôle des populations pratiquantes. Nous comprenons mieux la volonté qu’a le milieu de la formation des animateurs et animatrices d’en contrôler les contenus en manifestant leurs réticences aux formations académiques (diplômes d’État) tout en voulant aussi, préserver la tradition de la transmission entre pair·es.
Notre Centre EPS & Société élargit sa curiosité en explorant les questions posées par la diffusion scolaire de ces pratiques. Nous les abordons comme des pratiques culturelles, récentes (années 80) mais, parions, durables. Elles nous interpellent pour ce qu’elles sont : des appropriations singulières d’un réel social, initialement douloureux, vécu par les acteurs et actrices, conduisant à des langages de révolte, de revendication, de combat tout en soudant leur diversité dans des formes socialisées, acrobatiques, revendiquant leur pleine humanité. C’est bien le cadre culturel qui nous interpelle positivement. D’où l’intérêt porté dans les transmissions, à l’imitation, à la reproduction, à la copie des autres prestations, mais aussi à la création, à l’éclosion de productions personnelles au sein d’un collectif, le « crew » qui joue un rôle décisif dans l’entraide et le soutien mutuel.
Visiblement, l’étape du recours à des compétences extérieures à l’école pour parfaire cet enseignement est dépassée et appelle toutefois à renforcer la formation continue.
Comme toute autre technique, sportive ou artistique nous devons mieux saisir ce que cette forme de créativité suscite chez les élèves. Peut-on penser à une attractivité particulière dans le lancement d’un cycle ? Ce qu’il y a de certain, et ce, quelle que soit la forme d’entrée en activité, c’est bien la maîtrise la plus étendue possible de ces techniques et de leurs significations qui feront du Hip-Hop son intérêt dans le développement des élèves. Le Hip-Hop constitue une culture en soi, avec son identité et ne se limite pas à un appendice de la danse contemporaine. Il s’en distingue tout en partageant les fondements de la création artistique.

Jean Lafontan

 

Problématique

Le dessous des mots

  • Hip-Hop (J.-P. Lepoix)

Des pratiques

Des petits riens qui changent tout !

  • Pour pouvoir se lancer… ! (J. Alves, F. Makki et V. Robert Dit Ganier)

Regard sur les pratiques

  • Les situations d’enseignement du hip-hop en EPS : entre immersion culturelle, savoirs problématiques et processus de transformation (B. Lebouvier)

Regard

  • De la contre-culture urbaine à la fusion contemporaine, en passant par le Money Price, l’esprit originel souffle-t-il encore ? (Somi D.U.C)
  • Entre émancipation, résistance et reproduction des rapports sociaux : le Hip-Hop autogéré ! (D. Vanier de Saint Aunay)
  • D’un breakdance autonome à une discipline structurée (B. Paon)
  • La musicalité, puis le vocabulaire (A. Roubaud)
  • Un spectacle qui se déroule… un lien qui se crée et donne envie d’en être !(T. Guiraud)
  • Proposer un affrontement sans se toucher, en restant humble (S. Pestana)

Controverses

  • Une diversité de styles pour inspirer chacun·e (V. Robert Dit Ganier, T. Leroy, T. Ramires et S. Pestana)

Résonance

  • « Le Battle des écoles à Rennes » : quand la valorisation des danses de l’Underground trouve sa meilleure expression ! (B. Ait Atmane)
  • Créer les conditions pour que la fraternité puisse s’exprimer ! (Leto)

Quoi de neuf, chercheur ?

  • « Il y a des espaces pour réduire la distance entre la danse Hip-Hop et l’École » (A. Djakouane) (version longue)

Actu EPS

  • Du temps, des rythmes et des chausse-trappes (J. Lafontan)

Magazine

  • Rencontre Prolongations, du sifflet EPS au sifflet FIFA (B. Bastien)
  • Trois questions à… Clothilde Sauvages (J.P. Lepoix)

Kiosque