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En marche athlétique, réfléchir sur sa pratique ! - EPS & Société

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En marche athlétique, réfléchir sur sa pratique !

Denis Langlois - octobre 2009

Attaché à des valeurs de partage et de recherche de dépassement, il cherche à développer cet esprit auprès des pratiquants de son club. Denis Langlois raconte son itinéraire et sa pratique.

Denis Langlois, peux-tu te présenter ?

J’étais sport de haut niveau, j’ai participé trois fois aux jeux olympiques dans l’épreuve de marche athlétique. Je cumule 20 ans de carrières dans le haut niveau avec une soixantaine de sélections en équipe de France et j’ai été 10 ans leader de ma discipline en France.

Je suis animateur bénévole en club d’athléthisme depuis presque 20 ans et fais découvrir l’athlétisme à des enfants de 8 à 16ans. Depuis 7 ou 8 ans, j’ai basculé dans l’accompagnement d’athlètes vers le haut niveau.

En tant qu’entraineur, comme en tant que sportif, j’ai toujours été porté par des valeurs philosophiques.

Le sport ce n’est pas seulement aligner des répétitions pour gagner ou une course à l’argent. Il y a dans le sport des valeurs comme le partage, l’échange, les rencontres, le dépassement de soi, l’adversité, la réussite , la défaite et sa compréhension critique.
J’essaie de les faire partager avec les athlètes que j’accompagne.

Construire une réflexion critique sur la pratique est un axe qui me semble important dans l’entrainement. Le sport est pour moi un enjeu d’éducation déterminant dans l’élaboration de la vie.

Comment est-ce possible pour un athlète de haut niveau et un entraîneur de continuer à faire vivre des valeurs humanistes et éducatives dans le système sportif actuel ?

J’ai toujours été écorché par ce que tu dis, il y a une tension extrême entre les valeurs avancées par les jeux olympiques et la réalité.
Sur place à Atlanta, j’ai été particulièrement désenchanté au contact de la réalité.

Les sponsors et l’argent ont perverti les relations humaines, transformant les athlètes, y compris dans les relations qu’ils peuvent avoir entre eux.

Heureusement cela n’a pas altéré les moments où je vivais des relations humaines fortes aux JO et je peux dire que mon expérience dans le haut niveau m’a permis de me construire dans la vie.

Tu sembles vraiment dire que le sport de haut niveau t’a construit personnellement ?

Je suis issu d’une famille de 10 enfants. Ma mère est décédée et mon père qui bossait dans le batiment a vite été débordé. Le sport est devenu pour ma famille un lien qui nous a constitués. Nous avons rencontré des gens qui ont partagé avec nous des règles de vie, des valeurs.
Le sport de haut niveau a été pour moi un moteur de vie. J’ai toujours détesté le jugement des autres sur moi et sur mon milieu social. J’avais la volonté de devenir quelqu’un « d’exceptionnel », d’être un individu à part entière, pas simplement les étiquettes que l’on me collait. La pratique sportive m’a permis de me construire personnellement et de façonner ma relation aux autres.

En tant qu’entraîneur que vises-tu ?
Je suis entraîneur à la fois d’athlètes qui visent des résultats de haut niveau et de pratiquants moins intéressés par la compétition, plus centrés sur le « sport pour tous ». Dans le travail que je développe auprès des athlètes, je les aide à avoir une réflexion sur leur pratique. Un entraîneur doit emmener l’athlète vers de l’autonomie.
Ce qui est important c’est l’analyse des réussites ou de la défaite, je suis plus dans cet accompagnement que de lui prescrire une répétition de plus.

Tu fais référence à des pratiquants qui ne seraient pas intéressés par la compétition, quelle est leur source de motivation ?
Certains pratiquants arrivent avec des objectifs d’entretien. La marche leur semble un sport qu’ils pourront pratiquer pour se maintenir en bonne santé. D’autres n’ont pas envie de faire de la compétition au sens d’arriver sur un podium, par contre ils vont souvent être intéressés par une compétition contre eux-mêmes pour améliorer leurs résultats. J’ai essayé de monter à Issy-les-Moulineaux un pôle marche ouvert à tous. Des pratiquants viennent au club à 50 ans ou même des plus jeunes pour se remettre en forme, s’entretenir. Je leur propose un retour dans l’effort physique avec une certaine progressivité, puis assez rapidement je vais les faire évoluer et progresser. L’enjeu est de leur permettre d’avoir une réflexion sur leur pratique, d’avoir l’envie de continuer et de progresser, j’essaie de les faire marcher mieux et qu’ils s’éclatent plus.

Les pratiquants arrivent avec l’envie de s’entretenir et tu leurs proposes un entraînement pour progresser ?
L’entretien, je n’y crois pas, cela s’accompagne. Il ne s’agit pas simplement de bouger ses muscles. Dans mon expérience de pratiquant et d’entraîneur, si je n’accompagne pas la pratique sportive d’un vrai retour sur les capacités, d’une réflexion sur la pratique, d’une recherche de progrès, les pratiquants s’arrêtent... Il y a des propositions aujourd’hui autour du coach training ou de la santé qui correspondent surtout à une recherche financière.

Cet article est paru dans le Contrepied n°24 - EPS : entretien et développement de la personne. - oct 2009

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Sport et paix : dépasser le slogan

Bruno Cremonesi - septembre 2012

Pour les anti-sportifs, le sport c’est la guerre ! La preuve par la triche, par les violences de certains matchs notamment dans les quartiers populaires. A l’opposé, pour de nombreux dirigeants politiques, le sport constitue un moyen au service de la paix sociale ou de la paix formelle en réunissant le temps d’une rencontre deux pays qui sont en conflit.
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