L’EPS de demain ? 40 contributions à découvrir

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Le Centre EPS et Société s’en engager dans la production d’une nouvelle publication, en plus de la revue Contre Pied. Ce besoin traduit une urgence : continuer à échanger et débattre de la discipline EPS.


L’examen sans concession des récentes évolutions de l’EPS, depuis les derniers programmes collèges, lycées et LP, montre une double bifurcation ; d’une part à l’égard du substrat sportif, qui n’a jamais été autant contesté en son fondement et d’autre part quant à la nature de l’EPS, son contenu et la vision qu’elle veut développer quant à sa participation à la formation des scolaires.
L’intérêt du sport que nous défendons depuis toujours n’a de sens que si, à partir des dynamiques sociales qui le constituent et dont nous nous donnons la responsabilité d’en comprendre les genèses, nous arrivions à en proposer une signification et des pratiques.
Option qui s’écarte de toutes les instrumentalisations de l’époque (santé, cohésion sociale…) afin de mieux identifier les efforts à mener pour le conduire aux voies d’émancipation pour lesquelles nous nous battons et qui devraient être la base de politiques publiques de démocratisation.
Cette question est au cœur du phénomène de dédisciplinarisation que le SNEP a identifié et qui doit être rapidement circonscrit si nous ne voulons pas que l’EPS devienne un objet pourvoyeur de bienveillance ou de care, notions, dès lors, mal comprises.
La double origine de l’EPS, historique et épistémologique, constitue un noyau permanent de conflit. Dégagée de ses origines gymnastiques, militaires, « santéistes » elle a peu à peu constitué son noyau sportif par débat pédagogique puis politique lorsque le sport est apparu comme une qualité des loisirs de masse de la population[[Ce rapide survol ne doit surtout pas faire oublier les fractures considérables qui parcourent la société française, faisant du sport une pratique des couches sociales moyennes et supérieures. La documentation est abondante.]]
L’option épistémologique de l’EPS, qui établit le sport comme son substrat, s’est accompagnée de multiples débats dont les rapports censés la fonder[[Il y a une dizaine de variantes de ces rapports entre ceux qui défendent l’idée qu’il n’y a pas de différences entre le sport et l’EPS et ceux qui les désolidarisent totalement.]] traduit les réticences et en même temps l’impossibilité de totalement les isoler. L’intégration des APPN, des arts – dans leur diversité – ont élargi l’intérêt social de l’EPS sans céder aux tentatives de substitution sinon d’absorption phénoménologique dont le corps, les émotions, les formes de bien-être, ont voulu s’imposer au nom d’un intérêt de nouveauté jugé incoercible.
Ces questions reviennent sur le devant de la scène professionnelle à travers les programmes ; elles deviennent « méthodologiques et sociales » à l’aune d’une pensée libérale structurée à partir de l’adaptation permanente. C’est une vision de l’individu que les productions sociales (sportives) n’enseignent pas et réduisent les défis qu’elles posent pour les fixer à son seul choix.
L’ambition des Dossiers est donc d’animer ces débats en sollicitant toutes les compétences volontaires : chercheur.es, enseignant.es en établissements… la porte est ouverte à tout le monde, à vous, tendue par les réponses à la question ainsi posée : l’EPS d’aujourd’hui à demain, quels en sont ses enjeux ? Interrogation polémique puisque chaque brochure cherche à tracer les voies d’une « redisciplinarisation » exigeante. Celle-ci devra inévitablement lutter pour imposer son institutionnalisation et, dans le même temps, approfondir le statut culturel du sport en le désengluant de toutes les missions politiques auxquelles l’attèlent les gouvernements successifs.
Nous voulons que la bataille de l’EPS soit d’abord une bataille culturelle pour qu’elle devienne authentiquement émancipatrice.
Il n’y a pas d’émancipation sans luttes et ces brochures veulent être son média

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