Pascal Clerc, Émanciper ou contrôler, Éditions Autrement, 2024
« L’école doit-elle protéger du monde et pour cela s‘en séparer ? Ou, au contraire, faut-il l’ouvrir aux grands vents du dehors, au monde tel qu’il est ? ». Telle est la contradiction à laquelle nous confronte l’auteur, décrivant à la fois les politiques à l’œuvre , les tentatives d’enseignants, d’établissements pour s’en sortir. Il y a des formules chocs, du type : « on ferme, on la ferme… ». Tout est dit, ou bien : « On parle d’autonomie et on surveille, on prône l’ouverture au monde et on enferme, on plaide pour l’hybridation et on sépare ».
Travaillant depuis longtemps sur les espaces d’apprentissage, Pascal Clerc interroge les choix politiques faits à partir d’une entrée géographique des lieux dans lesquels ils sont faits. Cette entrée originale est passionnante et pose aussi d’autres questions plus récentes quant à leur conception et utilisation. Il met en évidence, à mon grand plaisir, cette phobie du risque qui empêche tout apprentissage, et je poserais volontiers avec lui la question : « ne pas faire courir de risques, n’est-ce pas pour les différents acteurs du système éducatif, ne pas en prendre eux -même ? ». Lisez, vous allez vous régaler.
Jean-Pierre Lepoix
L’auteur a chaussé ses lunettes de géographe pour observer les espaces scolaires. Un livre réalisé sous la forme d’un récit de ses observations de l’école, de leurs constructions, leurs espaces. Une entrée intéressante qui vient questionner à la fois la construction du bâti mais plus largement les liens entre les espaces scolaires, publics, extérieurs. Les murs avec l’extérieur ne sont pas que physiques, mais traduisent aussi une volonté de contrôle des populations pour reprendre les analyses de Foucault.
Pascal Clerc invite les lecteurs et lectrices à un regard critique pour penser la construction d’une école plus émancipatrice.
Il serait intéressant de croiser ces analyses avec celle des architectes pour la construction des écoles et de leurs différents espaces. Par exemple la réflexion nécessaire sur la végétalisation des cours d’école pourrait intégrer ces réflexions et ne pas supprimer les espaces de jeux et de pratiques sportives en plantant des arbres sans en analyser les conséquences.
B. Cremonesi



