USEP, une vitamine pour l’EPS à l’école primaire

Temps de lecture : 4 mn.

Contribution signée Claire Pontais, Responsable du dossier primaire au Centre EPS & Société


L’Union sportive de l’enseignement du 1er degré (USEP) est la fédération du sport scolaire des écoles primaires publiques. Elle organise des activités sportives pour les enfants de la petite section de maternelle au CM2 (de 3 à 11 ans). Son action vient en appui de l’éducation physique et sportive (EPS) dispensée par les professeurs des écoles. Les rencontres se font à la fois sur le temps scolaire et hors temps scolaire. Ses actions peuvent s’adresser à des élèves non licenciés.
Malgré la crise sanitaire[[ Enquête USEP- Etat des lieux 2021 ]], elle est encore présente dans 8000 écoles (16% des écoles avec 430 590 enfants et 25 000 adultes licenciées. Elle organise 10 000 rencontres par an.

L’USEP n’est pas soutenue à la hauteur des enjeux de démocratisation des APSA.

Cependant, l’USEP n’est pas soutenue à la hauteur des enjeux de démocratisation des APSA à ce niveau de la scolarité. Malgré son réseau de militant, et bien avant la crise sanitaire, elle perd des
licenciés (800 000 adhérents en 1980) pour de multiples raisons : semaine de 4 jours, modification du métier, pression sur les fondamentaux, manque de formation et de soutien de l’institution, etc. La nouvelle loi sur le sport aurait pu acter la création d’une association USEP dans chaque école, mais elle a au contraire ouvert le sport scolaire du primaire à la concurrence, de telle sorte que l’USEP ne sera plus la seule association sportive de référence pour les écoles publiques.

Un fonctionnement associatif différent de l’UNSS

Pour comprendre la structuration et le fonctionnement de l’USEP, très différents de l’UNSS, un détour historique est nécessaire.
L’USEP ne relève pas de l’Etat. Créée en 1939 par la Ligue de l’enseignement. Elle y encore aujourd’hui attachée (toute adhésion à l’USEP est associée à une adhésion à la Ligue de l’enseignement). Cette situation n’a pas posé de problèmes pendant longtemps mais dans un contexte politique peu favorable aux services publics et aux associations dites historiquement « complémentaires de l’école », elle est soumise aux aléas politiques (ex : promesse non tenue de postes fléchés sport scolaire dans chaque département). Alors que sa présidence est élue (et non nommée par l’Etat), l’USEP est en grande partie tributaire des subventions et des actions de l’Etat. C’est ainsi que l’USEP a soutenu la réforme des rythmes et s’est intégrée dans tous les dispositifs proposés par le gouvernement : 2S2C, « Bouger 30 minutes », générations 2024, conventions avec les fédérations sportives, etc.

L’USEP est en grande partie tributaire des subventions et des actions de l’Etat. C’est ainsi que l’USEP a soutenu la réforme des rythmes et s’est intégrée dans tous les dispositifs proposés par le gouvernement : 2S2C, « Bouger 30 minutes », générations 2024, conventions avec les fédérations sportives, etc.

Au niveau de chaque école, le fonctionnement de l’USEP n’a rien à voir avec l’UNSS. Les professeurs d’école n’ont pas de forfait horaire et leur temps d’animation USEP est bénévole (excepté à certains endroits quelques indemnités). Conséquence : les rencontres sportives ont surtout lieu sur le temps scolaire, et très peu sur le temps hors-scolaire. Sur le temps scolaire, elles concernent toute la classe (pratique obligatoire) et représentent une finalisation intéressante des cycles d’EPS. L’adhésion à l’USEP représente alors un support juridique (couverture en cas d’accidents) permettant de participer sereinement à ces rencontres sportives. Les rencontres hors-temps scolaire se font elles sur la base du volontariat, comme à l’UNSS. Comme pour l’UNSS, la vie associative, avec des objectifs d’éducation à la citoyenneté, est difficile à faire vivre.

L’USEP, un point d’appui pour l’EPS, à défendre et transformer

Le système a besoin d’être redynamisé, mais comme sur beaucoup d’autres sujets, deux logiques s’opposent. Celle du gouvernement qui localise et privatise, mise sur les partenariats avec les clubs et l’apport des collectivités territoriales. Cette logique ne peut qu’être source d’inégalités. La nôtre plaide au contraire pour un renforcement du service public. L’enquête que le SNEP et le SNUipp (FSU) ont menée sur les « Ecoles vitaminées à l’EPS » le montre : les rencontres sportives sur le temps scolaire permettent d’augmenter l’horaire d’EPS, et l’USEP est indéniablement une vitamine pour l’EPS ! Il convient donc de renforcer l’EPS et développer ces rencontres sur le temps scolaire, en rétablissant les conseillers pédagogiques (CPC EPS) pour assurer le lien entre l’institution, l’USEP et les collectivités locales, et en valorisant l’activité d’un ou une enseignante-ressource EPS dans chaque école grâce à la formation. Pour développer l’USEP hors-temps scolaire des décharges devraient être accordées aux PE volontaires, ainsi que des moyens à l’USEP de pouvoir multiplier le nombre d’élèves impliqués et envisager des relations fructueuses avec les clubs et le tissu associatif local

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