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Badminton : à quand les niveaux 3 et 4 ? - EPS & Société

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Controverse

Badminton : à quand les niveaux 3 et 4 ?

Marine Duréault, enseignante à l’université de Rennes - 18 mars 2021

Marine Duréault enseigne au SUAPS de Rennes. Spécialiste de badminton, elle est aussi responsable régionale jeune et entraineur. Elle pose la question de l’enseignement, après les classiques deux premiers cycles en EPS.

La littérature EPS met beaucoup en avant les niveaux 1 et 2 des programmes scolaires. La formation des enseignants aussi, que ce soit dans la formation initiale ou dans la formation continue. Je pense qu’il faudrait s’intéresser de plus près aux niveaux 3 et 4. Le niveau 4 est le niveau qui devrait être atteint par une grande partie des élèves au bac général ou professionnel, cela permettrait de mieux cibler et orienter les niveaux 1 et 2.

Les niveaux 3 et 4 (comme les précédents d’ailleurs) devraient, selon moi, être organisés autour de la notion d’intentionnalité, qui pourrait être travaillée à partir de contraintes, plus ou moins fortes, pour avancer en même temps sur l’ensemble des ressources motrices, décisionnelles, émotionnelles et informationnelles.

Enrichir les intentions et les moyens de ses intentions

Prenons l’exemple d’élèves qui frappent majoritairement le volant fort (récurrence du smash). Pour les inciter à construire l’échange différemment, je n’interdis pas le smash, mais n’en autorise qu’un seul par échange, pour les amener à identifier le moment pertinent pour produire cette trajectoire de rupture. Dans le même ordre d’idées, il me semble intéressant de valoriser le gain de l’échange sur smash, mais aussi la défense sur smash : + 3 points pour les deux. Ainsi, ici sont valorisées à la fois la pertinence et l’efficience de trajectoires d’attaque et de défense.

Avec l’acquisition du niveau 2, les élèves se rendent vite compte qu’un des principaux espaces faibles est l’espace « fond de court revers » adverse. En effet, il est difficile pour les élèves de varier leurs réponses depuis cet espace. Pour permettre aux élèves d’enrichir leurs réponses, il est possible de poser la contrainte suivante : la frappe en revers haut depuis le mi court jusqu’au fond de court est interdite. Afin d’amener l’élève à s’organiser (sur des trajectoires montantes) à contourner le revers. Si le volant est haut, cela signifie qu’il est possible de s’organiser, au niveau des appuis, pour se mettre en situation de frappe en coup droit et ainsi accroître la variété de trajectoires. Autre possibilité : pour centrer l’élève sur la compréhension des moments favorables pour gagner l’échange, il faut valoriser les points marqués depuis sa zone des trois mètres (du filet jusqu’à 3 m) : l’idée étant d’amener l’élève à construire l’échange (fixer pour déborder… ) pour obtenir des volants favorables, dans cet espace, et déclencher la rupture (je l’appelle « zone de marque »). On l’amène ainsi à varier les trajectoires (kill, poussé offensif, contre-amorti…) depuis cet espace et pour certains, la fixation (entendue comme retard de frappe) apparaît.

Ici sont valorisées à la fois la pertinence et l’efficience de trajectoires d’attaque et de défense.

Je vise toujours le travail sur l’intentionnalité avec la mise en place d’une situation qui valorise la qualité tactique du serveur mais aussi celle du receveur. Ainsi, les élèves marquent 3 points si l’échange est gagné sur une des quatre premières frappes de l’échange. On incite l’élève à prendre des risques au service, notamment à rechercher des variations plus fines des trajectoires émises. De même, le receveur est incité à prendre l’initiative sur un service « moyen » ou alors à produire une trajectoire lui permettant de rentrer dans l’échange. On travaille ainsi aussi bien sur l’attaque que la défense.
Ces différentes propositions permettent de rester dans la gestion du rapport de force. De plus, elles amènent les élèves à vouloir répéter des enchaînements plus techniques pour les stabiliser. A nous de proposer des situations en limitant plus fortement les incertitudes mais qui laissent toujours un choix à l’élève.

Construire des indicateurs fiables

Pour aider l’élève à enrichir les moyens de ses intentions, il me semble nécessaire qu’il ait des indicateurs signifiants. Souvent nous disons aux élèves de « frapper en avançant vers le volant » ou « tu as frappé en déséquilibre arrière ». Ces retours verbaux ne sont pas toujours suffisamment explicites pour l’élève. Il faut aller vers des sensations plus fines. Le recours à la vidéo me semble un outil intéressant. Le feed-back visuel immédiat aide l’élève et j’ai pu constater des modifications rapides. La généralisation des tablettes peut permettre de développer ce travail.

Entretien par Christian Couturier et paru dans le Contrepied Hors-Série n°8 - Badminton

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