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La performance, un droit pour toutes et tous ! - EPS & Société

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Retrouvez les suppléments électroniques dans ce sommaire

édito

  • Finalement, l’aurons-nous été ? (A. Becker)

Problématique

Le dessous des mots

  • émancipation (J.P. Lepoix)

Des pratiques

Les petits riens

Regard sur les pratiques

  • Performance et démocratisation (B.Lebouvier)

Regard

  • La signification humaine de la performance (F. Bigrel, C. Fauquet)
  • Rôle et intérêt de la performance en EPS (A.Roger)
  • Performance du « dehors », du « dedans » et « incarnée » (J. Saury)
  • Revendiquer une EPS qui évalue la performance (Y.Léziart)
  • Qu’est-ce qu’une performance scolaire ? (C. Couturier)

Résonance

  • L’art performance (P. Parréno)
  • Performer c’est être vivant (J. Gamblin)
  • La performance, un but et un moyen (M. Portes, L. Amougou)

Controverse

  • Rechercher la performance avec et par les autres : une pair-formance (P. Lamouroux)
  • L’EPS du moins, une impasse pour les élèves (Y. Humbert)

La recherche ça questionne

  • De la performance à l’école (J-Y Rochex)

Magazine

  • Rencontre avec Coline Mattel (C. Ottogalli)

Grand format

  • Le sens du progrès, approche historique et philiosophique (Y. Léziart)

Kiosque

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Hors-Série n°10 - Sept 2014

La performance,
un droit pour toutes et tous !

Finalement l’aurons-nous été ?

La performance,<br />un droit pour toutes et tous !

Question à laquelle seul-e vous, lectrice, lecteur pouvez répondre.
Nous lançons un appel : lisez (faites lire) et dites- nous ce que vous pensez, ce qu’on en pense autour de vous. Du sujet, de son traitement, de ses retombées éventuelles.
Notre propos est sans ambiguïté : nous tenons au concept de performance, qu’il s’agisse de l’activité humaine en général mais aussi d’éducation sportive ou artistique ou encore d’école, bref des buts que se donnent les individus, les institutions, les sociétés quand elles ou ils décident d’agir dans et sur leur environnement pour progresser. Chercher à bien faire, faire de son mieux, « sortir de l’ordinaire des jours », « aller vers des terres inconnues » [1] ne relève- t-il pas de la condition humaine, de la nécessité pour devenir et être humain ? Et l’école n’est-elle pas le lieu et le temps où cela doit s’apprendre  ?
Trois ans de réflexion et de débats nous ont convaincu-e-s : se détourner de la performance, comme de la compétition en EPS [2], ou encore biaiser
avec elles serait une faute disciplinaire historique pour l’EPS, « discipline d’enseignement », une erreur épistémologique, s’agissant de sa nature, de la « culture des cultures » qu’elle est censée transmettre [3] de façon critique.
Et pourtant beaucoup de raisons poussent à l’abandon de cette référence s’agissant d’éducation.
Un économisme envahissant, qui après s’être indûment approprié le concept de performance sportive, le dénature et veut aujourd’hui cyniquement imposer en son nom une Ecole de la concurrence, espace d’une compétition sociale, elle, précoce et exacerbée entre les individus.
Une atonie complice d’un certain sport, « supplétif » idéologique du phénomène évoqué précédemment, qui supporte, voir encourage l’instrumentalisation de ses valeurs quand il ne propage pas lui-même une idée fausse de la performance sportive.
Une école qui bute sur les défis de la démocratisation, de l’émancipation de toutes et tous et qui, finalement cédant aux réalités, pense que les performances scolaires ne valent que pour les « héritier-e-s » ou que pour celles et ceux qui en ont les moyens... et que pour les autres, bienveillance, compassion, « équilibre personnel » [4] suffisent à accompagner leur échec programmé, leur non entrée en culture, leur marginalisation.
Une performance idéologisée, starisée, celle de l’exceptionnalité absolue qui fait la une des journaux et qui donc mystifie, trompe quant à sa réalité contradictoire.
C’est à cette partie cachée ou encore occultée de la performance que ce numéro se consacre. Celle, qui sans rejeter le produit et les gratifications sociales bien souvent éphémères qui l’accompagnent, (les cantonnant au raisonnable), révèle un processus humain à l’œuvre, une sorte de quête d’un impossible toujours possible et faiseur d’humanité. Celle encore qui se révèle être un formidable dispositif de développement, « un espace où chacun-e peut espérer apprendre plus de lui-même, en se découvrant une énergie d’être, une qualité d’être qu’il ne supposait pas » [5]. Entrer dans une activité performative délibérée, consciente, n’est-ce pas viser une éducation autonome et responsable ? C’est en quoi la performance, but et moyen, ne peut laisser l’EPS indifférente. Surtout quand elle fait de cette visée un droit fondamental pour toutes et tous.

Alain Becker


[1Odette Bassis, GFEN, Contrepied, n°23.

[2« La compétition en EPS » était le titre de la revue Contrepied, n°23.

[3En référence à l’ouvrage de Gauchet, Blais, Ottavi : Transmettre, Apprendre, Stock, 2014.

[4Le programme Lycée de 1999 prévoyait deux types d’EPS, l’une d’efficacité (pour les bons...), l’autre « d’équilibre personnel » (pour les moins bons...).

[5Odette Bassis, idem